23 juillet 2026

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Can 2032 : le trio Burkina Faso, Mali et Niger officiellement en lice pour organiser la compétition

La Confédération africaine de football (CAF) a donné son aval à la candidature conjointe du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour l’accueil de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 2032. Une avancée symbolique qui marque le début d’un parcours semé d’embûches, où les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) devront prouver leur capacité à répondre aux exigences logistiques et sécuritaires.

C’est lors d’une rencontre organisée à New York, loin des terrains sahéliens, que les présidents des fédérations du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont scellé une étape clé. Le 18 juillet, ils ont obtenu la validation de leur déclaration d’intérêt commune auprès du président de la CAF, Patrice Motsepe. Les dirigeants des trois fédérations — Oumarou Sawadogo, Mahamadou Cissé et Issaka Adamou — ont ainsi officialisé leur participation à la course pour l’organisation de l’édition 2032, une nouvelle relayée quelques jours plus tard par la Fédération nigérienne de football.

Une validation administrative, pas encore une victoire sportive

Cette première validation s’inscrit dans le cadre strict du règlement de la CAF. Selon l’article 7.3, le dépôt d’une déclaration d’intérêt est une formalité obligatoire, mais elle ne garantit en rien l’attribution finale des droits d’organisation. Elle permet simplement aux trois pays de poursuivre leur candidature dans les règles de l’art. La CAF examinera désormais la faisabilité technique de leur projet, en évaluant notamment l’état des infrastructures, des capacités hôtelières et des réseaux de transport.

Pourquoi la CAF mise sur trois éditions à la fois ?

Dès juillet 2026, la CAF a lancé un appel à candidatures simultané pour les CAN 2028, 2032 et 2036. Cette stratégie vise à anticiper l’avenir en offrant aux fédérations un délai suffisant pour bâtir des dossiers robustes. Pour l’édition 2032, aucune date de décision n’a encore été fixée, mais l’instance continentale examinera avec rigueur le projet sahélien, en particulier sa viabilité technique et sécuritaire.

Un précédent en Afrique de l’Est pour inspirer le Sahel

La formule d’une coorganisation à trois pays n’est pas inédite pour la CAF. Le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie ont d’ailleurs été désignés pour accueillir ensemble la CAN 2027. Ce modèle tripartite pourrait inspirer le Burkina Faso, le Mali et le Niger, leur permettant de mutualiser leurs ressources et infrastructures plutôt que de porter seuls le poids d’un événement d’envergure internationale. Le président de la CAF a d’ailleurs salué cette démarche, soulignant son potentiel en termes de coopération régionale.

Un enjeu bien plus large que le sport

Cette candidature s’inscrit dans une dynamique politique plus large. Depuis leur retrait de la CEDEAO, les trois régimes militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger multiplient les initiatives communes pour affirmer leur autonomie. Une victoire dans cette course à l’organisation de la CAN 2032 offrirait à l’AES une visibilité internationale rare, à un moment où la région fait face à une insécurité persistante. L’Union africaine a d’ailleurs récemment condamné des attaques meurtrières survenues au Niger et au Mali les 17 et 18 juillet.

La CAF devra désormais évaluer non seulement les infrastructures sportives, mais aussi les capacités d’hébergement, les réseaux de transport et, surtout, les conditions de sécurité. Ces critères seront déterminants pour la suite du processus.

Que retenir de cette première étape ?

La validation du 18 juillet ne représente qu’un premier jalon administratif. Les trois pays doivent désormais peaufiner un dossier technique conforme aux exigences de la CAF, tout en convaincant l’instance continentale de leur capacité à organiser un événement d’envergure. Le calendrier reste à définir, et l’issue de cette candidature dépendra largement de la solidité du projet présenté. Une chose est sûre : la CAN 2032 pourrait devenir bien plus qu’un simple tournoi. Elle pourrait symboliser la capacité du Sahel à transformer son unité politique en une vitrine internationale.