9 juin 2026

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Centres de traitement face à l’épidémie d’ebola en rdc : l’engagement de msf

centres de traitement face à l’épidémie d’ebola en rdc : l’engagement de msf

Plusieurs semaines après le début de l’épidémie d’Ebola en RDC et en Ouganda, les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) renforcent leur intervention dans les zones les plus exposées. Plongez au cœur de leurs centres de traitement situés à Goma et Bunia en Ituri, épicentre de cette dix-septième épidémie.

Un bilan qui s’alourdit chaque jour

Grâce à l’augmentation des capacités de dépistage fin mai, les autorités sanitaires de la RDC ont actualisé les données épidémiologiques. Au 4 juin 2026, l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) recense :

  • 381 cas confirmés ;
  • 64 décès confirmés ;
  • 233 patients suspects actuellement en isolement.

En Ouganda, la situation reste sous surveillance avec 19 cas signalés et un décès au 5 juin.

MSF adapte ses centres de traitement pour contrer la propagation

À Bunia : une réponse d’urgence face à l’afflux de patients

À Bunia, le centre de traitement est saturé. Le 5 juin, il comptait 37 patients suspects et 7 confirmés. Pour éviter une propagation incontrôlée, l’équipe MSF procède à une extension des locaux. « Nous préparons une nouvelle zone et doublons notre capacité pour atteindre 70 lits en quelques jours », déclare Anthony Kergosien, coordinateur des urgences à Bunia. En cas de besoin, la capacité pourrait être portée jusqu’à 100 lits.

À Goma : réouverture d’un centre historique

À Goma, MSF a réactivé un centre de traitement dédié à l’isolement des cas suspects et à la prise en charge des patients confirmés. Les premières admissions ont débuté le 28 mai. « Ce centre a déjà servi lors de précédentes épidémies. Nous commençons par rassurer les patients, leur expliquer la prise en charge, la durée moyenne de séjour et les examens nécessaires », précise Tathy Modjaka Nzoko, responsable médical à Goma.

Sécurité des soignants et sensibilisation : deux enjeux majeurs

Protéger les équipes médicales contre le virus Bundibugyo

Les soignants portent un équipement de protection individuelle (EPI) conçu pour bloquer le virus Bundibugyo. « Une infime quantité de particules virales peut suffire à déclencher la maladie. Ces équipements doivent être imperméables, car le virus se transmet via les fluides corporels », explique Armand Sprecher, médecin urgentiste et épidémiologiste chez MSF. « Sans vaccin ni traitement spécifique, cette protection est notre seule arme ».

Gagner la confiance des communautés locales

Pour que les patients acceptent rapidement une prise en charge, la sensibilisation est cruciale. « La méfiance peut naître du port des EPI, qui donnent l’impression de masques extraterrestres. Pourtant, derrière ces combinaisons se cachent des visages familiers. Nous insistons sur ce point lors de nos échanges avec les familles », souligne Armand Sprecher.

Former les équipes pour une réponse durable

MSF mise sur le transfert de compétences pour renforcer ses interventions. Des formations approfondies sont organisées avant le déploiement sur le terrain. « Chaque épidémie est une opportunité d’apprentissage. Nous envoyons sur place des experts expérimentés, capables de former leurs collègues et d’adapter les protocoles », ajoute Armand Sprecher.

Le virus Bundibugyo : un défi sans précédent

Cette épidémie en RDC est causée par le virus Ebola de type Bundibugyo, un orthoebolavirus distinct des souches Zaïre et Soudan. Son taux de létalité varie entre 25 et 40 %, mais surtout, aucun vaccin ni traitement n’est actuellement approuvé contre ce virus.

MSF renforce ses actions dans tout le pays

Des centaines de professionnels de MSF restent mobilisés en Ituri et au Nord-Kivu, tandis que de nouvelles structures s’ouvrent au Sud-Kivu. Chaque semaine, plusieurs tonnes de matériel médical et logistique arrivent en RDC depuis les bases internationales de l’organisation pour soutenir l’intervention.