Uba obtient enfin sa licence bancaire complète en France après des mois de négociations
Après plus d’un an et demi d’attente et de démarches administratives minutieuses, United Bank for Africa (UBA), la puissante institution financière nigériane, s’apprête à franchir une étape historique : l’obtention de sa licence bancaire de plein exercice en France. Cette validation, délivrée par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), marque un tournant majeur pour le groupe dirigé par l’influent homme d’affaires Tony Elumelu.
Ce feu vert réglementaire couronne un parcours semé d’embûches, où diplomatie économique et rigueur administrative se sont étroitement mêlées. Près de deux ans après la signature d’un accord-cadre à Paris, UBA peut désormais envisager une expansion ambitieuse sur le sol européen, consolidant ainsi son rôle de pont financier entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe.
Un parcours administratif épique entre Paris et le Nigeria
L’aventure d’UBA en France remonte à 2009, date à laquelle la banque nigériane avait ouvert un simple bureau de représentation à Paris. Mais l’obtention d’une licence bancaire complète s’est révélée bien plus complexe que prévu. Entre exigences réglementaires européennes et ambitions stratégiques du groupe, le dossier a nécessité des mois de tractations discrètes mais déterminées.
Les discussions ont pris une nouvelle dimension lors du sommet Africa Forward, organisé en mai dernier à Nairobi. Lors d’une réunion du France-Nigeria Business Council (FNBC), les représentants des deux pays ont échangé sur les dernières avancées du dossier. La lenteur administrative a été pointée du doigt, mais les deux parties ont finalement trouvé un terrain d’entente pour aligner les contraintes françaises avec les objectifs régionaux d’UBA.
Un rendez-vous bilatéral, organisé dans la foulée, a permis de lever les derniers obstacles auprès de la Banque de France. Une mobilisation conjointe qui a porté ses fruits, démontrant l’importance accordée à ce projet par les autorités des deux pays.
UBA rejoint le trio de tête des banques nigérianes en France
Avec cette licence, UBA deviendra la troisième banque nigériane à obtenir une licence bancaire complète en France, après Access Bank (2023) et Zenith Bank (septembre 2024). Un exploit qui positionne le groupe comme un acteur clé du financement des échanges entre l’Europe et l’Afrique francophone.
Access Bank, déjà implantée via sa filiale britannique, et Zenith Bank, dirigée par Rabah Rahmani (ancien de la Société Générale), ont ouvert la voie. UBA, forte de son ancrage historique à Paris, entend désormais jouer un rôle central dans le commerce transfrontalier, en offrant des solutions adaptées aux entreprises souhaitant opérer entre les deux continents.
Un timing politique stratégique pour le Nigeria et la France
Le calendrier de cette homologation n’est pas anodin. Il coïncide avec un moment charnière pour UBA : la transition à la présidence du conseil d’administration, prévue le 21 août, où Tony Elumelu passera le relais à Emmanuel Nnorom. Mais c’est surtout la visite d’État d’Emmanuel Macron au Nigeria, les 29 et 30 octobre prochains, qui pourrait voir l’annonce officielle de l’ouverture de la succursale parisienne.
Les relations entre les deux dirigeants se sont renforcées ces derniers mois, notamment après la nomination de Tony Elumelu à la tête de l’Africa France Impact Coalition, une initiative visant à dynamiser les partenariats économiques entre l’Afrique et la France. Une collaboration qui pourrait s’intensifier avec l’arrivée d’UBA sur le marché français.
Heirs Holdings : une stratégie mondiale au service de l’expansion africaine
Pour Tony Elumelu, cette licence bancaire française n’est qu’une étape dans une vision plus large. UBA s’inscrit dans le portefeuille de Heirs Holdings, un conglomérat diversifié couvrant l’énergie, l’hôtellerie de luxe et bien d’autres secteurs. Parallèlement à son implantation en France, le groupe multiplie les initiatives sur le continent africain.
United Capital, la branche financière d’Heirs Holdings, a récemment étendu ses activités en Éthiopie et au Rwanda, renforçant ainsi sa présence sur les marchés émergents. En s’installant au cœur de la zone euro, UBA entend faciliter les flux financiers entre l’Europe et l’Afrique, tout en accompagnant les entreprises africaines dans leur expansion sur le sol européen.
Une stratégie qui pourrait bien redéfinir les dynamiques économiques entre le Nigeria et la France, tout en consolidant le rôle d’UBA comme un acteur incontournable de la finance panafricaine.

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