28 avril 2026

Coopération sécuritaire Washington et l’AES : une stratégie pragmatique au Sahel

Une alliance militaire malgré les tensions

Malgré des années de tensions diplomatiques, les États-Unis maintiennent une coopération sécuritaire avec les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger). Une décision surprenante, alors que ces nations sont dirigées par des régimes militaires issus de coups d’État.

Le général John Brennan, chef adjoint du commandement américain pour l’Afrique (Africom), a confirmé cette collaboration lors d’une déclaration. « Nous continuons à travailler avec eux. Nous leur avons même transmis des renseignements stratégiques pour cibler des foyers terroristes, mais la situation a radicalement changé par rapport à il y a deux ou trois ans », a-t-il expliqué.

Il a ajouté : « Nos efforts visent à rassurer ces autorités sur nos intentions d’aide, mais d’autres acteurs diffusent des fausses informations et de la désinformation à notre encontre. Nous luttons activement contre ces campagnes de discrédit. »

Une stratégie dictée par la lutte antiterroriste

Des analystes soulignent que cette approche pragmatique de Washington s’inscrit dans une logique de sécurité régionale. Cependant, elle soulève des questions sur la cohérence de la politique américaine envers les gouvernements issus de putschs.

Les intérêts stratégiques des États-Unis au Sahel

Selon Abdoulmoumouni Abbas, expert en radicalisation et en terrorisme au Sahel, l’engagement américain dépasse la simple lutte antiterroriste.

« Les États-Unis ont des intérêts majeurs dans la région. Leur présence militaire à Agadez n’est pas uniquement liée au terrorisme. Ils cherchent aussi à contrer le trafic de stupéfiants, la criminalité transfrontalière, les flux migratoires illégaux et bien d’autres enjeux sécuritaires », précise-t-il.

Ces dernières semaines, l’armée américaine a renforcé ses livraisons d’équipements et ses partages de renseignements avec le Nigeria, notamment pour traquer les groupes djihadistes affiliés à l’État islamique.

Un message de stabilité face aux départs forcés

Néanmoins, le général Brennan a tenu à clarifier un point crucial : Washington ne cherche pas à remplacer ses bases militaires au Niger, malgré l’expulsion des troupes américaines ordonnée par les autorités locales. Une déclaration destinée à apaiser les craintes des populations et des gouvernements de la zone.