31 mai 2026

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Crise à l’UNJCI : la FIJ et la FAJ s’insurgent contre une ingérence politique en Côte d’Ivoire

Le paysage médiatique en Côte d’Ivoire traverse une période de fortes turbulences. Le 20 février, une ordonnance de justice, consécutive à une plainte déposée par un collectif interne, a imposé le gel du Congrès ordinaire de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI). Ce rendez-vous devait initialement permettre le renouvellement des instances dirigeantes de l’organisation. Face à cette situation, l’UNJCI a immédiatement engagé une procédure d’appel.

Afin de parer à une éventuelle paralysie institutionnelle, le mandat des responsables actuels arrivant à terme le 26 février, un Congrès extraordinaire a été organisé en urgence le 25 février. Lors de cette assemblée, les membres ont entériné, à la majorité, la prorogation des mandats jusqu’à ce que le Congrès ordinaire puisse se tenir. Cette réunion a toutefois été ternie par des scènes de violence, témoignant de l’extrême tension qui règne au sein de la corporation.

Une volonté de préserver l’indépendance syndicale

Le président de l’UNJCI, Jean Claude Coulibaly, a justifié cette décision par la nécessité de maintenir la stabilité de la structure. Selon lui, il était impératif d’éviter un vide juridique qui aurait pu conduire à une mise sous administration provisoire de la « maison commune » des professionnels des médias ivoiriens. Il réaffirme que la continuité des activités est une preuve de responsabilité collective.

Cette analyse est partagée par Omar Faruk Osman, à la tête de la Fédération africaine des journalistes (FAJ). Ce dernier voit dans l’interdiction de réunion une manœuvre visant à déstabiliser le syndicat. Il rappelle que le respect de la liberté syndicale est un engagement international de la Côte d’Ivoire et qu’aucune autorité politique ne devrait s’immiscer dans le choix des représentants des journalistes.

Vers une plainte devant les instances internationales

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a également exprimé sa vive préoccupation. Anthony Bellanger, son secrétaire général, a qualifié ces événements d’ingérence flagrante. En collaboration avec la FAJ, la FIJ prévoit de porter l’affaire devant l’Organisation internationale du travail (OIT) pour dénoncer les pressions subies par le syndicat ivoirien. Pour ces instances, l’autonomie syndicale demeure un socle non négociable de la démocratie.

Dans un climat où le journalisme indépendant est essentiel pour l’éveil citoyen, les organisations internationales appellent le gouvernement à garantir la sécurité des acteurs de l’information. Elles exigent que le futur Congrès puisse se dérouler dans un environnement serein, libre et transparent, loin de toute pression extérieure, pour préserver l’avenir de la politique burkinabè et régionale en matière de liberté de la presse.