16 mai 2026

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Crise au Mali : pourquoi les attaques actuelles sont le résultat des choix politiques

Crise au Mali : les attaques actuelles, conséquence directe des décisions de Bamako

Armé au Mali

Dans les étendues arides du Sahel malien, où chaque grain de sable raconte une histoire, le Mali paie aujourd’hui le prix de ses décisions passées. Les attaques meurtrières qui secouent le pays ne sont pas le fruit du hasard, mais la manifestation tangible d’un vide laissé derrière soi après le départ des forces françaises.

Ce n’est pas une fatalité qui frappe Bamako aujourd’hui, mais le résultat d’une politique affichant une souveraineté revendiquée au mépris des réalités opérationnelles. Une souveraineté construite sur l’illusion que l’on pouvait se passer de l’appui militaire étranger, sans mesurer les risques d’un effondrement sécuritaire.

Le départ des troupes françaises : un choix aux conséquences immédiates

Les dernières unités françaises ont quitté les villes stratégiques de Gao, Tessalit et Ménaka sous les applaudissements d’une partie de la population, nourrie par des années de discours anti-occidentaux. Pourtant, en 2013, alors que les groupes djihadistes avançaient vers le sud, ce sont ces mêmes forces qui ont sauvé le Mali d’un effondrement total. Personne ne semble se souvenir de ce sacrifice.

Le président français, Macron, l’a rappelé avec une clarté sans équivoque : « Le Mali n’a pas fait le meilleur choix en chassant l’armée française. » Une déclaration qui n’est pas un jugement politique, mais un constat stratégique. Il a aussi reconnu les erreurs commises par la France, notamment en sous-estimant l’importance d’une coordination avec les autorités locales. Pourtant, une vérité reste incontestable : sans l’intervention française, le Mali n’aurait probablement pas survécu en tant qu’État unifié.

Le vide laissé par le départ des forces françaises a été comblé rapidement par d’autres acteurs, moins regardants sur les droits humains. Les groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique ont profité de cette opportunité pour étendre leur influence. Là où l’opération Barkhane contenait, traquait et frappait, les nouvelles autorités maliennes peinent à imposer leur contrôle.

Cinquante-huit soldats français morts pour la stabilité du Sahel

Cinquante-huit vies sacrifiées dans une guerre où chaque engagement était une bataille contre un ennemi insaisissable. Ces hommes ne sont pas tombés dans l’anonymat d’un conflit lointain : ils sont morts à Kidal, dans les montagnes de l’Adrar des Ifoghas, sur des routes piégées, sous un soleil de plomb. Leur sacrifice n’était pas celui de colonisateurs, mais celui de soldats envoyés pour éviter que le Sahel ne devienne un sanctuaire terroriste.

La France a commis des erreurs, c’est indéniable. Mais elle a aussi porté, pendant des années, un fardeau militaire que peu de pays auraient accepté. Son engagement a permis de maintenir un équilibre régional déjà fragile. Le Mali, en choisissant une rupture avec cette alliance, a fait un pari risqué. Et aujourd’hui, il en supporte les conséquences.

Le président français n’a pas exprimé de regret personnel en déclarant que Bamako n’avait pas fait « la meilleure décision ». Il a simplement énoncé une vérité que le terrain confirme chaque jour : dans certaines régions du monde, la souveraineté proclamée ne suffit pas à contrer des colonnes djihadistes déterminées.

Le Sahel a été pour la France un théâtre d’épuisement diplomatique et militaire. Mais pour ces soldats, il restera à jamais un champ d’honneur, où leur engagement ne sera jamais effacé par les fluctuations de l’opinion ou les calculs politiques.