3 juin 2026

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Crise du carburant à Ségou : le quotidien des Maliens mis à rude épreuve

Depuis la fin de l’année 2025, la cité des Balanzans traverse une période de turbulences énergétiques sans précédent. À Ségou, centre névralgique du Mali, l’essence est devenue une denrée rare, plongeant les habitants dans une précarité logistique qui pèse lourdement sur l’économie locale.

Distante de Bamako de plus de 200 kilomètres, la ville de Ségou subit de plein fouet les contraintes d’un approvisionnement complexe. Pour acheminer les hydrocarbures, des convois sous haute surveillance, escortés par les Forces armées maliennes (FAMa), sont indispensables. Cependant, face aux impératifs de sécurité régionale, ces rotations ne se produisent que deux à trois fois par mois, créant un goulot d’étranglement permanent.

DW | Mali Bamako 2025 | Pénurie de carburant - des agents attendent devant une station d'essence.

Des stocks qui s’évaporent en un clin d’œil

Lorsqu’un convoi arrive enfin à destination, l’espoir est de courte durée. Si une dizaine de camions-citernes pénètrent dans la ville, la priorité absolue est donnée aux secteurs stratégiques : les usines de production et la société Énergie du Mali (EDM) pour maintenir la fourniture d’électricité. Pour le grand public, seules trois ou quatre citernes sont débloquées pour les stations-service. Résultat : les pompes sont à nouveau à sec en moins de deux jours.

Cette situation de manque chronique a ouvert la voie à un marché parallèle florissant. Les habitants, désemparés par les ruptures de stock incessantes, se tournent vers des réseaux informels pour espérer continuer à circuler.

Mali Ségou | Un homme passe devant une cabine téléphonique.

L’explosion des prix sur le marché noir

Dès que les enseignes officielles ferment leurs rideaux, les revendeurs de rue prennent le relais. Dans les différents secteurs de Ségou, le prix du litre d’essence s’envole, atteignant des sommets vertigineux compris entre 2 000 et 5 000 francs CFA. Une spéculation qui se fait au vu et au su de tous, suscitant l’indignation de la population qui s’interroge sur la provenance de ce carburant vendu à prix d’or alors que les stations sont vides.

Une ville au ralenti et des transports coûteux

L’impact de cette pénurie est visible à chaque coin de rue. L’animation habituelle des grandes artères de Ségou a laissé place à une morosité économique. Les déplacements sont devenus un luxe. Le tarif des « katakatani », ces tricycles indispensables au transport urbain, a bondi de 100 %, passant de 100 à 200 francs CFA.

Cette inflation frappe directement les travailleurs, les enseignants et les élèves dont le budget transport explose. Pour tenter de juguler le trafic illicite, les FAMa intensifient les contrôles routiers afin de freiner le transfert massif de carburant vers les zones reculées. Malgré ces efforts, les Ségoviens attendent toujours une réponse pérenne pour sortir de cette impasse qui paralyse leur quotidien.