
Depuis le départ d’Ousmane Sonko, la Primature a connu une profonde refonte de ses structures. Cette évolution s’inscrit dans le cadre d’une redistribution des compétences et d’une réorganisation administrative visant à adapter l’action gouvernementale aux priorités actuelles.
Une restructuration initiée sous le mandat de Sonko
Les premiers ajustements remontent à la fin de l’année 2025, lorsque Ousmane Sonko occupait encore le poste de Premier ministre. Plusieurs décrets ont alors marqué un tournant dans l’organisation des services de la Primature. Le décret n° 2025-1929 du 27 novembre 2025 a notamment renforcé le cabinet du chef du gouvernement en créant des entités clés. Parmi ces innovations figuraient la Cellule d’orientation et de suivi des réformes, chargée d’accompagner la mise en œuvre des politiques publiques, ainsi que l’Inspection des services, chargée d’évaluer l’efficacité des administrations. Une Commission des achats a également été instaurée pour optimiser la gestion des marchés publics.
Parallèlement, le Secrétariat général du Gouvernement s’est vu doter de nouvelles missions. Une Cellule de préparation du Conseil des ministres a été créée pour fluidifier le processus décisionnel, tandis qu’une Commission nationale d’accès à l’information a été mise en place pour renforcer la transparence administrative. Ces réformes visaient à moderniser l’action gouvernementale et à renforcer l’efficacité de l’administration.
Les transferts de compétences sous Al Aminou Lô
Avec l’arrivée d’Al Aminou Lô à la Primature en mai 2026, une nouvelle phase de réorganisation a débuté. Le décret n° 2025-1431 a servi de cadre à cette refonte, redistribuant les attributions entre la Présidence, la Primature et les ministères. Plusieurs structures ont été transférées vers d’autres départements, reflétant une volonté de clarifier les rôles et de mieux répartir les responsabilités.
Parmi les changements notables, le Secrétariat technique du Comité national de suivi du contenu local, auparavant sous la tutelle du ministère du Pétrole et des Mines, a été rattaché à la Primature. À l’inverse, certaines entités ont été délestées du Secrétariat général du Gouvernement. C’est le cas de la Direction générale du service civique national et du volontariat, désormais placée sous l’autorité du ministère de la Jeunesse et des Sports. De même, le Bureau de l’information et de la communication du Gouvernement (BIC-Gouv), dirigé jusqu’alors par le journaliste Mame Gor Ngom, a été transféré sous la responsabilité du ministère de la Communication et des Relations avec les institutions. Quant à l’Observatoire national des lieux de privation de liberté, il a été placé sous l’autorité du ministère de la Justice.
Une communication gouvernementale repensée
Un autre volet de cette réorganisation concerne la communication institutionnelle. Le poste de secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec les institutions et porte-parole du Gouvernement, a été supprimé. Ces attributions ont été confiées à un ministre de plein exercice, en charge désormais de la Communication et des Relations avec les institutions. Cette décision marque une volonté de centraliser et de professionnaliser la communication gouvernementale, tout en renforçant le lien entre l’exécutif et les citoyens.

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