Crise politique au Bénin : une tentative de coup d’État avortée en quelques heures
Un groupe de militaires s’est proclamé dimanche matin à la télévision publique béninoise avoir démissionné le président Patrice Talon, avant que l’armée régulière ne reprenne le contrôle de la situation. Voici les détails de cet événement et ses répercussions immédiates.
Une annonce choc à la télévision publique
Dimanche, un comité militaire autoproclamé, se faisant appeler le « Comité militaire pour la refondation » (CMR), a diffusé un message surprise sur les ondes de la télévision nationale. Les soldats ont affirmé avoir « démis de ses fonctions » le chef de l’État béninois, Patrice Talon, alors que le pays se préparait à un scrutin présidentiel prévu pour avril prochain.
Peu après cette annonce, le signal de la chaîne a été coupé, plongeant le pays dans une atmosphère de tension. Cependant, l’entourage du président a rapidement réagi pour rassurer la population et la communauté internationale.
La présidence maintient son autorité malgré les troubles
Dans un communiqué transmis à l’AFP, une source proche de Patrice Talon a confirmé que le président était en sécurité et que les forces armées légales avaient repris le contrôle de la situation. Selon cette même source, « il s’agit d’un groupuscule sans réelle influence. La ville de Cotonou et l’ensemble du pays sont parfaitement sécurisés. »
Une déclaration qui a été corroborée par des sources militaires fiables, indiquant que les putschistes n’avaient pu s’emparer ni de la résidence présidentielle ni du palais gouvernemental. « La situation est sous contrôle et le nettoyage se poursuit comme prévu. », a ajouté un officier.
L’ambassade de France à Cotonou a également réagi en signalant avoir enregistré des coups de feu près de la résidence du chef de l’État. Elle a conseillé aux ressortissants français de rester chez eux par précaution.
Un contexte régional marqué par l’instabilité
Cette tentative de coup d’État intervient dans un contexte ouest-africain particulièrement tendu. Depuis le début des années 2020, plusieurs pays de la région ont été touchés par des renversements de pouvoir :
- Mali
- Burkina Faso
- Niger
- Guinée
- Guinée-Bissau (fin novembre 2025)
Le Bénin, bien que réputé pour sa stabilité relative et sa croissance économique, n’est pas épargné par les violences jihadistes dans sa partie septentrionale.
Un président à la fin de son second mandat
Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, doit achever son deuxième mandat en 2026, conformément aux limites constitutionnelles. Depuis son arrivée, il a été salué pour ses réformes économiques, mais aussi critiqué pour un virage autoritaire qui a marginalisé l’opposition dans la perspective des prochaines élections.
Le principal parti d’opposition a d’ailleurs été exclu du scrutin, où ne s’affronteront que le parti au pouvoir et un candidat d’opposition présenté comme modéré. Ces décisions ont alimenté les tensions politiques au sein du pays.
La tentative de coup d’État de ce dimanche rappelle que, malgré une image de stabilité, le Bénin reste exposé aux remous politiques qui secouent la région. Cependant, la rapidité avec laquelle les autorités ont repris le contrôle semble confirmer la résilience des institutions béninoises face à de telles crises.

Plus d'histoires
Passation de pouvoir au Sénégal : Ahmadou Aminou Lo prend les rênes de la primature
Décentralisation au Tchad : Albert Pahimi Padacké analyse le rôle des conseils provinciaux à l’ENA
Passation de pouvoirs à la Primature entre Ousmane Sonko et Ahmadou Al Aminou Lo