13 août 2026

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Crise sanitaire et alimentaire : l’est de la RDC en détresse

Crise sanitaire et alimentaire : l’est de la RDC en détresse

République démocratique du Congo | Distribution alimentaire par le CICR dans les zones de conflit (photo d'illustration)

Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), des milliers de foyers subissent une crise aux multiples visages. L’épidémie d’Ebola, qui persiste, se conjugue aux violences armées et aux déplacements massifs de populations. Résultat : l’accès aux terres, aux marchés et aux revenus se réduit comme une peau de chagrin, tandis que les stratégies de survie des ménages s’épuisent. Face à cette situation, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a relancé ses opérations d’assistance, offrant vivres et semences à plus de 80 000 personnes. Mais comment préserver la vie lorsque les populations sont contraintes de choisir entre la peur de la maladie et celle de la famine ?

Les réponses se trouvent dans les échanges avec Abdoule-Karim Diomande, responsable des Programmes au CICR en RDC.

Une épidémie qui s’ajoute à un conflit déjà dévastateur

L’épidémie d’Ebola s’est invitée dans un contexte déjà marqué par des années de violences et de déplacements forcés dans l’est de la RDC. Ces conflits, récurrents, ont profondément ébranlé les communautés et leurs moyens de subsistance. Chaque nouvelle crise affaiblit un peu plus leur capacité à se relever. L’arrivée d’Ebola aggrave encore cette précarité, réduisant davantage les stratégies d’adaptation des ménages et perturbant les activités économiques. Les restrictions sanitaires mises en place par les autorités accentuent cette pression, notamment en paralysant le fonctionnement des marchés. Les populations les plus vulnérables, déjà fragilisées, en paient le prix fort.

Sécurité alimentaire : des conséquences dramatiques

Les répercussions sur la sécurité alimentaire sont multiples et sévères. L’insécurité persistante empêche de nombreuses familles d’accéder à l’intégralité de leurs terres. Elles concentrent alors leurs efforts agricoles autour des villages ou des zones jugées sûres. Cette concentration entraîne une exploitation intensive des terres disponibles, risquant de les appauvrir à long terme. Parallèlement, les services de vulgarisation agricole, essentiels pour soutenir les producteurs et améliorer les rendements, fonctionnent au ralenti en raison des conflits et des difficultés d’accès aux zones refuges. Les capacités de résilience des ménages s’en trouvent gravement amoindries.

La situation est encore plus critique dans les zones frontalières, où les restrictions et la fermeture des frontières perturbent les échanges commerciaux. Ces échanges étaient pourtant vitaux pour l’approvisionnement et les revenus de nombreuses communautés.

Une assistance vitale malgré les défis

Dans ce contexte, l’intervention du CICR prend une dimension cruciale. Les distributions de vivres et de semences, malgré les contraintes sanitaires, permettent à des milliers de personnes de ne pas sombrer davantage. Ces actions, bien que temporaires, offrent un répit indispensable aux populations les plus touchées. Elles rappellent aussi l’urgence d’une réponse coordonnée pour briser le cercle vicieux entre crise sanitaire et insécurité alimentaire.