Dakar dit non aux féminicides : la mobilisation s’intensifie
Sur le terrain, Aminata Libain Mbengue, porte-parole du mouvement, analyse avec colère l’inaction des pouvoirs publics face à l’ampleur des féminicides.
Une poignée de militantes, à peine une vingtaine, mais une détermination sans faille. Ce dimanche après-midi, elles ont défilé dans les rues de Dakar pour dénoncer l’impunité qui entoure les féminicides. Brandissant des pancartes aux messages percutants comme « Le silence, ça suffit » ou « La mort ne vous appartient pas », elles exigent des comptes auprès de l’État sénégalais.
« Lors de son discours du Nouvel An, le président de la République a promis des mesures fortes contre ce fléau. Pourtant, aujourd’hui, nous attendons toujours des actes concrets », s’indigne Aminata Libain Mbengue. « Combien de femmes, combien de filles encore doivent disparaître pour que l’État sénégalais assume enfin ses responsabilités ? »
Réclamer la reconnaissance légale du féminicide
La militante dénonce le traitement médiatique de ces crimes, souvent relégués au rang de simples faits divers. « Comment un bébé de deux ans, violé et tué par trois hommes, ne suscite-t-il même pas un communiqué du ministère de la Famille ? C’est inacceptable », s’exclame-t-elle. « À chaque féminicide, nous exigeons des actes forts de la part du gouvernement. Il est temps de reconnaître ce crime spécifique dans notre code pénal et d’agir pour protéger les femmes et les filles de ce pays. La vie ne peut plus attendre. »
La mobilisation, bien que réduite en nombre, porte un message clair : une manifestation par chaque féminicide recensé, jusqu’à ce que les autorités réagissent enfin.

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