Depuis Touba, en marge de l’inauguration du siège du Pastef ce dimanche 12 juillet 2026, l’ancien Premier ministre et actuel président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a proféré une menace de censure directe à l’encontre du gouvernement d’Al Aminou Lo. Au cœur de cette confrontation politique au Sénégal : la gestion des ressources naturelles du pays. M. Sonko accuse l’exécutif de brader ces richesses aux multinationales et promet une législation contraignante pour l’avenir des contrats pétroliers et gaziers.
Moins de deux mois après avoir quitté la Primature, une fonction qu’il occupait sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko, désormais à la tête de l’Assemblée nationale, a lancé un ultimatum sans équivoque au chef du gouvernement, Al Aminou Lo.
Dans un discours prononcé en wolof, d’une virulence notable, Ousmane Sonko a vivement critiqué le nouveau Premier ministre. Il lui reproche de s’écarter des engagements fondamentaux pris par le pouvoir en matière de souveraineté économique, particulièrement concernant l’exploitation du gaz et du phosphate. Le leader du Pastef dénonce une administration qui, sous prétexte de vouloir améliorer le « climat des affaires », serait en réalité en train de céder les précieuses ressources naturelles du Sénégal à des entités étrangères, mentionnant explicitement les partenaires BP et Kosmos. Selon lui, ces agissements rappellent les dérives les plus regrettables observées durant la période de l’ancien président Macky Sall.
« Nous connaissons parfaitement son rôle dans cette situation politique », avait déjà affirmé Ousmane Sonko début juin, en référence à Al Aminou Lo. Ce dimanche, il a franchi une étape supplémentaire en brandissant l’instrument constitutionnel de la motion de censure. « S’ils persistent dans cette voie, s’ils ne respectent pas les intérêts du pays, nous ferons tomber le gouvernement », a-t-il déclaré sous les acclamations ferventes de l’assistance, insistant sur sa détermination à recourir à cette procédure autant de fois que nécessaire pour contrecarrer ce qu’il perçoit comme un pillage des richesses sénégalaises.
Le Parlement, garant des hydrocarbures du Sénégal
Afin de mettre un frein à la politique gouvernementale actuelle, le chef du Pastef a annoncé le dépôt imminent d’une proposition de loi audacieuse, portée par une députée de son parti. Ce texte contraindrait l’État à obtenir l’approbation préalable de l’Assemblée nationale pour toute nouvelle attribution de bloc pétrolier ou gazier. « Avant d’octroyer un bloc de pétrole, il sera impératif de le présenter à l’Assemblée pour que les députés puissent l’approuver et s’assurer qu’il sert l’intérêt supérieur du Sénégal », a-t-il précisé, citant le modèle de transparence norvégien comme source d’inspiration.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité du combat mené par Ousmane Sonko pour une gestion plus juste des hydrocarbures du Sénégal. Alors qu’il occupait encore le poste de Premier ministre au printemps 2026, il avait initié une vaste démarche de clarification, dénonçant des « contrats hérités » jugés non conformes au code pétrolier et saluant des « victoires majeures » obtenues lors de la renégociation de blocs tels que Yakaar-Teranga.
Aujourd’hui, il reproche au gouvernement actuel et aux récentes nominations (notamment à la tête de Petrosen) de vouloir interrompre ces efforts de renégociation, mettant en péril la souveraineté économique du pays.

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