7 juillet 2026

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Démantèlement d’une cellule de daech au Maroc: l’étau se resserre sur les réseaux terroristes

L’aube se levait à peine sur Aourir, modeste bourgade côtière blottie au nord d’Agadir, ce lundi 6 juillet 2026. Alors que les premiers rayons du soleil caressaient les ruelles endormies, un déploiement impressionnant de véhicules blindés et d’unités d’élite s’y engageait dans un silence de plomb. Leur mission ? Neutraliser sans délai un individu radicalisé prêt à passer à l’acte au nom de l’État islamique (Daech).

Guidés par des renseignements d’une précision chirurgicale fournis par la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST), les commandos de la Force Spéciale ont investi la maison du suspect. En quelques secondes, l’homme était maîtrisé, mettant fin à une menace imminente. Pourtant, l’opération ne faisait que commencer.

L’enquête menée en parallèle par le Bureau Central d’Investigations Judiciaires (BCIJ), bras armé de la DGST, révélait l’ampleur du danger. Le suspect, loin d’être un simple propagandiste radical, détenait déjà des armes blanches et du matériel tactique de combat. Les habitants d’Aourir, au réveil, oscillaient entre stupeur et soulagement : l’ombre d’un terroriste avait plané sur leur quotidien, mais l’intervention avait permis d’éviter le pire.

Un laboratoire de la terreur dissimulé dans la zone industrielle

Quelques kilomètres plus au sud, dans l’enceinte industrielle d’Inezgane, la découverte allait s’avérer encore plus alarmante. C’est dans un entrepôt discret du quartier Traast El Jorf que se cachait le cœur battant de cette cellule terroriste.

En forçant l’accès à ce hangar clandestin, les enquêteurs ont mis au jour un véritable arsenal logistique conçu pour perpétrer des attentats d’une violence inouïe. Au centre de la pièce, un 4×4 attirait l’attention. Son réservoir, modifié clandestinement, avait été transformé pour fonctionner au gaz butane. L’objectif ? Amplifier l’effet dévastateur d’un attentat-suicide ou d’une attaque à la voiture-bélier contre des infrastructures stratégiques du Royaume.

Face au risque d’explosion immédiat, le BCIJ a déclenché un protocole d’urgence : évacuation des riverains, déploiement d’une unité de déminage de la Sûreté nationale (DGSN) et utilisation de robots télécommandés pour examiner le véhicule sans exposer d’agents humains. Une fois la zone sécurisée, l’inventaire des objets saisis a glacé le sang : bonbonnes de gaz, cocottes-minute piégées remplies de centaines de clous, fils électriques, détonateurs, matériel de soudure et quantités alarmantes de produits chimiques solides et liquides.

Un coup de filet simultané à travers tout le pays

Bien que le centre névralgique de la cellule se situât dans la région du Souss, ses tentacules s’étendaient bien au-delà. Pour éviter que l’arrestation d’Aourir ne déclenche une alerte prématurée, la Force Spéciale de la DGST a mené une opération synchronisée dans sept villes du Maroc : Agadir, Taroudant, Casablanca, El Hajeb, Tétouan, Fquih Ben Salah et Safi. L’objectif ? Neutraliser l’ensemble du réseau avant qu’il ne puisse réagir.

Des profils inquiétants et une organisation militaire

Le raid a conduit à l’interpellation de dix individus liés à la cellule terroriste. Parmi eux, un mineur de 17 ans, symbole d’un recrutement cynique ciblant les plus jeunes, et un ancien détenu déjà condamné pour des faits terroristes, révélant les failles de la réinsertion et les risques de récidive. Les perquisitions menées dans les domiciles des suspects, assistées par des brigades cynophiles, ont permis de saisir un arsenal inquiétant : uniformes militaires, manuscrits détaillant la fabrication d’engins explosifs artisanaux, et supports numériques contenant deux vidéos accablantes. L’une montrait l’allégeance des membres au « Calife » de Daech, l’autre des menaces précises de sabotage à l’échelle nationale.

Un lien direct avec le Sahel

Les investigations préliminaires ont révélé une connexion inquiétante avec la région du Sahel. Les membres de la cellule recevaient ordres et soutien logistique d’un cadre de Daech basé au Sahel. Leur mission ? Ne pas rejoindre les maquis africains, mais rester au Maroc pour y commettre des attentats depuis l’intérieur du pays. Le chef de la cellule avait structuré son équipe en cellules compartimentées : une équipe de reconnaissance chargée d’identifier et de surveiller des cibles sensibles, une équipe logistique dédiée à l’achat discret de produits chimiques et de matériel, et une équipe technique concentrée à Inezgane pour modifier les véhicules et assembler les explosifs.

Grâce à la vigilance et à la réactivité de la DGST et du BCIJ, les mèches d’une véritable poudrière ont été éteintes avant qu’elles ne s’enflamment. Les neuf suspects majeurs ont été placés en garde à vue, tandis que le mineur a été placé sous surveillance spéciale, sous la supervision du parquet antiterroriste. Les ingénieurs et analystes du BCIJ se concentrent désormais sur le décryptage des appareils électroniques saisis, dans l’espoir de cartographier les réseaux de communication cryptés avec le Sahel et d’éliminer toute menace résiduelle.