La commune de Koro, située dans le centre du Mali, fait face à une pression migratoire sans précédent. Depuis la fin du mois de mai, des milliers de ressortissants du Burkina Faso traversent la frontière pour échapper à l’insécurité grandissante dans leurs localités d’origine.
Ce déplacement massif de population est la conséquence directe des intimidations perpétrées par des groupes armés. Ces derniers imposent des ultimatums brutaux aux villageois, les forçant à l’exil pour sauver leur vie, un événement marquant de la politique burkinabè actuelle.
Des récits de fuite dans l’urgence
Hamsetou, originaire du village de Sia dans le département de Gomboro, témoigne de cette terreur. Selon elle, deux individus à moto sont arrivés lors du jour de foire hebdomadaire pour ordonner l’évacuation immédiate du village avant le lever du soleil. « Nous avons été pris de panique », confie-t-elle. Sous le couvert de l’obscurité, elle a fui avec sa famille vers des localités voisines avant de rallier Koro en taxi.
Cette situation n’est pas isolée. Les habitants de Gani, Bouli, Kogan, Ganagoulo et Kouéré ont également dû abandonner leurs terres. Les rapports indiquent que les femmes et les enfants constituent environ les trois quarts de ces déplacés.
« Nous avons tout laissé derrière nous »
Oumou, une autre résidente venue de Ganagoulo, décrit une scène similaire. Après avoir aperçu des hommes en armes se dirigeant vers les villages environnants de Bouli et Gani, elle a compris que sa communauté subirait le même sort. « Nous sommes partis en laissant tout derrière nous : nos maisons, nos greniers et nos animaux », explique-t-elle. Le voyage vers le Mali s’est fait dans des conditions précaires, certains marchant à pied, d’autres utilisant des charrettes, des vélos ou des tricycles.
Face à cet afflux, les infrastructures d’accueil à Koro peinent à répondre à la demande. Issa Sagara, maire adjoint de la localité, souligne la fragilité des conditions d’hébergement et d’alimentation. Les responsables locaux appellent désormais à une mobilisation générale pour soutenir ces familles réparties sur divers sites d’accueil dans la région.

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