24 juillet 2026

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Droit international humanitaire en RDC : quand les règles de la guerre sont ignorées

Droit international humanitaire en RDC : quand les règles de la guerre sont ignorées

Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les populations civiles subissent de plein fouet les conséquences d’un conflit où les principes du droit international humanitaire sont systématiquement bafoués. Malgré les engagements pris par les autorités et leurs partenaires, les violations se multiplient, poussant le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à alerter sur l’urgence d’une application stricte de ces règles.

Des déplacés dans un camp d'hébergement en RDC

Le CICR a organisé une conférence à Kinshasa le 23 juillet pour sensibiliser aux enjeux de ces règles, alors que les exactions contre les civils persistent. Dans une région minée par les affrontements entre groupes armés et forces de sécurité, la méconnaissance et le non-respect du droit humanitaire aggravent la situation des habitants.

Violences sexuelles et impunité : un fléau qui ne recule pas

Les violences sexuelles en temps de guerre restent un drame récurrent en RDC. Julienne Lusenge, militante des droits humains, dénonce une réalité glaçante : « Les violences sexuelles se comptent par millions. Chaque minute, des femmes, des filles et des enfants sont victimes, même si les hommes ne sont pas épargnés. » Elle insiste sur la nécessité de sanctions internationales contre les auteurs de ces crimes, soulignant l’absence de condamnations à ce jour.

« Aucun cas n’a jamais abouti à une condamnation sur la scène internationale. Il est temps de sanctionner les responsables de violences sexuelles pour mettre fin à cette impunité.« 

Réfugiées en RDC avec leurs bagages

Justice militaire : entre dissuasion et limites de l’impunité zéro

Pour Julienne Lusenge, renforcer les capacités des forces de sécurité et lutter contre les groupes armés sont essentiels pour protéger les civils. La justice militaire, de son côté, affirme poursuivre les militaires impliqués dans des exactions. Le général Jean-Paul Tshayikolo, magistrat à la Haute Cour militaire, explique que ces procès visent à la fois à sanctionner et à éduquer.

« La société militaire souhaite des éléments irréprochables, mais l’impunité zéro n’existe pas. Chaque jugement rendu éduque les autres militaires. La justice militaire agit pour sanctionner, et les chiffres le prouvent.« 

Un conflit fragmenté : un obstacle à l’application du droit humanitaire

Plus de 200 groupes armés sont actifs dans l’est de la RDC, notamment dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika. Leurs alliances changeantes rendent difficile l’identification des responsables des violations du droit international humanitaire.

Cette fragmentation complique les mécanismes de dialogue, de contrôle et de sanction, tout en brouillant la distinction entre civils et combattants. Résultat : les poursuites judiciaires restent rares, et l’impunité persiste.