24 juillet 2026

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Violations persistantes du droit international en RDC

Violations persistantes du droit international en RDC : l’urgence d’une protection renforcée

Dans l’est de la République démocratique du Congo, les principes fondamentaux du droit international humanitaire (DIH) continuent d’être systématiquement bafoués. Malgré les engagements formels des autorités nationales et de leurs alliés internationaux, les populations civiles subissent de plein fouet les conséquences d’un conflit marqué par l’impunité et l’absence de respect des conventions humanitaires.

Des déplacés sur un site d'hébergement

Le CICR alerte sur l’aggravation des violations en zones de conflit

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a récemment tiré la sonnette d’alarme lors d’une conférence organisée à Kinshasa. L’organisation humanitaire souligne que les règles du DIH, bien que largement diffusées, restent largement ignorées sur le terrain. Les civils, en particulier, paient un lourd tribut à cette méconnaissance, se retrouvant pris au piège des violences intercommunautaires et des affrontements entre forces armées et groupes armés.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le nombre de victimes de violences sexuelles explose, touchant principalement les femmes et les filles. Julienne Lusenge, figure emblématique de la défense des droits humains en RDC, rappelle avec gravité que « les violences sexuelles se comptent par millions. Chaque minute, il y a des femmes, des filles et des enfants — et oui, quelques hommes aussi — qui en sont victimes ». Elle insiste sur la nécessité de sanctions internationales contre les auteurs de ces crimes, soulignant qu’aucun cas n’a encore été jugé à l’échelle mondiale.

Justice militaire et impunité : un combat inégal

Face à ce constat alarmant, la justice militaire congolaise affirme poursuivre les militaires impliqués dans des exactions. Le général Jean-Paul Tshayikolo, haut magistrat à la Haute Cour militaire, met en avant l’aspect dissuasif des procès : « Il y a de bons éléments comme de mauvais éléments. La société militaire aspire à ne compter que des bons éléments. Mais l’impunité zéro reste un objectif difficile à atteindre ». Selon lui, les décisions judiciaires servent aussi d’outil éducatif pour les autres militaires, tout en restant un moyen de sanctionner les auteurs de violations.

Les statistiques officielles confirment cette volonté de lutte, même si les défis restent immenses. La multiplication des groupes armés dans l’est du pays, notamment dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika, rend la tâche encore plus complexe.

Un conflit fragmenté qui défie le DIH

Avec plus de 200 groupes armés actifs dans la région, les alliances changeantes entre ces factions compliquent considérablement l’identification des responsables de violations du DIH. Cette fragmentation entrave les mécanismes de dialogue, de surveillance et de sanctions, créant un terreau propice à l’impunité.

Un autre obstacle majeur réside dans la difficulté à distinguer clairement civils et combattants sur le terrain. Cette ambiguïté, loin d’être anodine, fausse les conditions mêmes d’application du DIH et aggrave la vulnérabilité des populations civiles. Les poursuites judiciaires s’en trouvent dès lors ralenties, laissant les auteurs de ces crimes agir en toute impunité.

RDC 2025 | des réfugiées avec leurs bagages

Dans ce contexte, la protection des civils et le respect du droit international humanitaire en RDC restent plus que jamais des enjeux cruciaux, exigeant une action coordonnée et une volonté politique sans faille de la part de toutes les parties prenantes.