17 juillet 2026

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Ébola en rdc : l’oms alerte sur une propagation alarmante et lance un appel urgent

ébola en rdc : l’oms alerte sur une propagation alarmante et lance un appel urgent

La situation sanitaire en République démocratique du Congo (RDC) prend une tournure dramatique avec l’épidémie d’Ebola qui s’étend à un rythme inédit. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a tiré la sonnette d’alarme ce 16 juillet, qualifiant cette flambée de troisième plus importante jamais enregistrée dans le pays.

des chiffres qui parlent : une épidémie en pleine accélération

Deux mois après la déclaration officielle de l’épidémie, les données sont accablantes : 2 073 cas ont été recensés, dont 796 décès. À titre de comparaison, l’épidémie de 2018-2019 avait mis plus de dix mois pour atteindre le même nombre de cas confirmés. La province de l’Ituri reste le foyer le plus préoccupant, avec plus de 80 % des nouveaux cas détectés en dehors des listes de contacts connus.

Le Dr Tedros a souligné que « environ deux tiers des décès surviennent au sein des communautés, parmi des personnes n’ayant jamais accès aux soins dans un établissement de santé ». Une situation qui illustre l’ampleur des défis logistiques et humains auxquels doivent faire face les équipes de riposte.

des avancées, mais des obstacles majeurs persistent

Malgré ces chiffres alarmants, l’OMS et ses partenaires, dont le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), ont enregistré des progrès significatifs :

  • Capacité de traitement : plus de 800 lits disponibles, en constante augmentation.
  • Laboratoires : passage de 1 à 16 laboratoires opérationnels.
  • Suivi des contacts : taux de suivi atteignant près de 80 %.
  • Formation des agents communautaires : plus de 21 000 personnes en cours de formation.
  • Inhumations sûres : conditions améliorées pour limiter les risques de transmission.

Par ailleurs, des essais cliniques ont été lancés pour tester de nouveaux traitements et vaccins, comme l’anticorps monoclonal MBP134 et l’antiviral remdesivir. Malgré l’absence de vaccins homologués, 377 personnes ont déjà guéri, prouvant que la prise en charge précoce et adaptée peut sauver des vies.

l’insécurité, un frein majeur à la riposte

L’épidémie est aggravée par un contexte sécuritaire explosif. L’attaque d’un centre de traitement à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, a encore compliqué la tâche des équipes médicales. Le conflit armé en cours entrave l’accès aux zones touchées et limite la portée des interventions.

Le Dr Tedros a insisté sur la nécessité d’une « intervention politique » pour faciliter la riposte. « Nous avons besoin d’une mobilisation politique pour permettre à la riposte de s’intensifier », a-t-il déclaré, soulignant que les défis techniques ne sont pas les seuls à surmonter.

la rdc face à une urgence de santé publique internationale

Dès le 17 mai, l’OMS avait classé cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). La propagation géographique de la maladie et la mobilité des populations aggravent la situation, tandis que les systèmes de santé locaux restent fragiles face à une telle crise.

Les autorités congolaises, en collaboration avec les partenaires internationaux, assurent que des efforts sans précédent sont déployés pour contenir l’épidémie. La RDC, qui a déjà maîtrisé seize précédentes épidémies d’Ebola, mise sur son expérience pour venir à bout de cette nouvelle crise.

Face à cette situation, la communauté internationale est appelée à renforcer son soutien. L’OMS a défini des priorités immédiates :

  • Renforcer la surveillance en Ituri.
  • Améliorer les inhumations sûres et dignes.
  • Optimiser la prise en charge clinique.
  • Mobiliser les communautés locales.
  • Renforcer les capacités de riposte dans les nouvelles zones touchées.

Alors que l’épidémie continue de progresser plus vite que la riposte, chaque jour compte. La mobilisation de tous les acteurs, locaux et internationaux, est plus que jamais indispensable pour éviter une catastrophe sanitaire de grande ampleur.

Légende : L’enterrement d’un patient atteint d’Ebola