17 juillet 2026

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Sanctions onusiennes contre les chefs armés en Rdc : qui sont les cibles ?

L’ONU durcit le ton face aux groupes armés : sanctions contre six leaders et deux entités en RDC

Le Comité des sanctions des Nations unies a frappé fort. Six personnalités et deux groupes armés viennent d’être inscrits sur la liste noire internationale, accusés de semer la terreur dans l’Est de la République démocratique du Congo. Une décision historique qui s’inscrit dans la lutte contre l’insécurité chronique qui mine la région depuis plus de deux décennies.

Corneille Nangaa lors d’une conférence de presse à Goma

Les six chefs militaires désormais sous sanctions internationales

Parmi les cibles désignées, Corneille Nangaa, figure emblématique de l’AFC/M23, se retrouve à nouveau sous le feu des projecteurs. Déjà sous sanctions onusiennes, ce leader rebelle voit ses avoirs gelés et ses déplacements internationaux interdits. Ses activités, jugées déstabilisatrices pour la région des Grands Lacs, ont valu à son groupe une attention particulière de la communauté internationale.

John Imani Nzenze, présenté comme le responsable du renseignement au sein du M23, est également visé. Son rôle dans la coordination des opérations militaires et la logistique du groupe armé est pointé du doigt. Les Nations unies l’accusent d’avoir directement contribué à la multiplication des exactions contre les populations civiles.

Côté rwandais, Sébastien Uwimbabazi, général de brigade des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), et Gustave Kubwayo, alias « Sirkoof », ont également été ciblés. Ce dernier, commandant des FDLR-FOCA, est notamment accusé de crimes contre l’humanité : enlèvements contre rançon, ciblage systématique des civils et exploitation illégale des ressources naturelles. Son unité, le Commando de recherche et d’action en profondeur (CRAP), est réputée pour sa brutalité.

Les ADF (Forces démocratiques alliées), d’origine ougandaise, ne sont pas en reste. Muhammed Lumisa, médecin et logisticien en chef du groupe, voit ses activités suspendues par la décision onusienne. Enfin, Charles Sematama, chef militaire du groupe Twirwaneho, actif dans le Sud-Kivu, est accusé d’exactions répétées contre les populations locales depuis la création de son mouvement en 2008.

Deux groupes armés épinglés par l’ONU

L’AFC, Alliance des Forces de Défense du Congo (M23), et le groupe Twirwaneho rejoignent la liste des entités sanctionnées. Cette mesure implique un embargo sur les armes, un gel des avoirs financiers et une interdiction de voyager pour leurs dirigeants. Une réponse directe à la persistance des combats qui, depuis 2022, ont provoqué le déplacement de plus de 1,5 million de personnes dans l’Est congolais.

Un contexte sécuritaire toujours explosif

Cette décision survient alors que la situation humanitaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu se dégrade rapidement. Les affrontements entre l’armée régulière, les milices locales et les groupes armés étrangers se multiplient, aggravant une crise déjà marquée par des violences intercommunautaires et des crimes de masse.

Les sanctions onusiennes, bien que symboliques, envoient un message fort à tous les acteurs de l’insécurité. Elles s’ajoutent aux pressions diplomatiques et militaires exercées pour tenter de rétablir un minimum de stabilité dans une région en proie au chaos. La communauté internationale, par cette initiative, réaffirme sa volonté de mettre fin à l’impunité qui gangrène l’Est de la RDC depuis des années.

Reste à savoir si ces mesures suffiront à faire plier les groupes armés ou si la spirale de la violence continuera de s’aggraver, condamnant des millions de Congolais à vivre dans la peur et l’incertitude.