Une visite stratégique au plus près de l’opération Koundjoaré
Dans un contexte marqué par la montée des tensions aux frontières nord du Togo, le chef de l’État, Faure Gnassingbé, s’est rendu sur le théâtre des opérations de l’opération Koundjoaré, une zone où la menace terroriste pèse lourdement sur la région des Savanes. Ce déplacement, effectué en pleine saison sèche, visait à évaluer la situation sécuritaire et à soutenir les troupes engagées dans une guerre sans relâche contre les groupes armés.
Un environnement hostile au cœur des tensions
La frontière nord du Togo n’est pas une simple ligne géographique. Elle représente un front permanent où chaque buisson et chaque relief rocheux peut cacher une menace. Le 7 mai 2026, dans cette zone aride balayée par l’harmattan, Faure Gnassingbé a atterri en hélicoptère pour une inspection de première main. Accueilli par le colonel Latiémbé Kombaté, commandant de l’opération, il a immédiatement saisi l’urgence de la situation.
Les responsables militaires ont qualifié la situation de « préoccupante ». Les défis sont immenses : infiltrations de groupes armés, engins explosifs improvisés, et porosité des frontières. Chaque décision prise ici engage le destin de milliers de vies et l’intégrité du pays.
Dans les coulisses du Poste de Commandement : analyse des risques
Le président a ensuite été conduit à huis clos dans le Poste de Commandement Opérationnel (PCO), où les cartes satellites et les rapports de renseignement ont été présentés en détail. Les officiers ont exposé les réalités du terrain : guerre asymétrique, attaques surprises et difficulté à sécuriser des centaines de kilomètres de frontières.
Faure Gnassingbé a longuement questionné les responsables sur les contraintes opérationnelles et matérielles des soldats. Il a souligné la nécessité d’une adaptation constante des dispositifs, avec un renforcement des moyens de sécurité et une optimisation de la réactivité des unités.
Tchamonga : immersion au cœur de la bataille
Le déplacement a ensuite pris une dimension concrète avec un vol vers le poste opérationnel avancé (POA) de Tchamonga, situé en première ligne. Ici, une maquette tactique a été utilisée pour simuler les positions ennemies. Le président a pu observer les stratégies de patrouille et les scénarios d’intervention déployés dans cette zone critique.
Face aux soldats épuisés mais déterminés, Faure Gnassingbé a salué leur courage et leur sacrifice. Plusieurs d’entre eux ont déjà perdu la vie dans cette bataille pour la sécurité nationale. Il a rappelé que l’État togolais soutient pleinement les forces engagées, avec des renforts en équipements et en capacités opérationnelles.
Une stratégie en deux volets : force militaire et résilience sociale
Pour vaincre, le Togo mise sur une approche globale, alliant action militaire et développement social. L’opération Koundjoaré forme le premier pilier, mais elle s’accompagne de programmes ambitieux pour renforcer la cohésion des populations locales.
Les initiatives phares
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Le PURS (Programme d’Urgence pour la Région des Savanes) : Apporter des infrastructures essentielles (eau, électricité, écoles) pour contrer la pauvreté, terreau de l’extrémisme.
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Le CIPLEV : Un comité interministériel qui collabore avec les chefs traditionnels et les jeunes pour prévenir la radicalisation et renforcer la solidarité communautaire.
Une coopération régionale indispensable
La lutte contre le terrorisme au Togo ne peut se concevoir sans une coordination étroite avec les pays voisins, notamment le Bénin et le Burkina Faso. Les autorités togolaises insistent sur l’importance d’une diplomatie sécuritaire renforcée dans une Afrique de l’Ouest où les menaces se propagent rapidement.
En se rendant à Tchamonga, Faure Gnassingbé a envoyé un message fort : le Togo reste déterminé à protéger son territoire et ses citoyens, malgré un contexte régional instable. Une visite qui rappelle que la sécurité ne se décrète pas, mais se construit au quotidien.

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