28 avril 2026

Justice au Sahel : le recul des droits humains face aux juntes militaires

justice au Sahel : comment les juntes militaires privent les victimes de recours

Les juntes militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger partagent un point commun alarmant : elles restreignent systématiquement l’accès à la justice pour leurs populations. Ces trois pays, situés en Afrique de l’Ouest, subissent une dégradation des droits humains et des libertés fondamentales, aggravée par leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

des juntes militaires aux pratiques répressives

Depuis leur prise de pouvoir, les régimes militaires de ces nations multiplient les violations des droits humains : exécutions sommaires, arrestations arbitraires et restrictions des libertés civiles. Les conflits armés en cours servent souvent de prétexte à ces abus, tandis que les forces de sécurité échappent à toute responsabilité.

la CEDEAO, un rempart contre l’impunité menacé

La Cour de justice de la CEDEAO, créée en 2005, offrait une lueur d’espoir aux victimes en leur permettant de saisir directement une instance régionale pour violations de leurs droits. Cette Cour a rendu des décisions majeures, notamment contre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, condamnant leurs exactions.

Or, le retrait de ces trois pays de la CEDEAO prive les victimes d’un recours essentiel. Les juntes militaires, craignant des condamnations, ont préféré se soustraire à cette juridiction pour éviter toute mise en cause de leurs actes.

un double recul pour la justice

Les populations du Burkina Faso, du Mali et du Niger subissent un double revers :

  • L’effondrement des recours locaux : les tribunaux nationaux, sous contrôle militaire, ne protègent plus les citoyens et ignorent les plaintes pour violations des droits humains.
  • La fermeture des recours régionaux : avec le départ de la CEDEAO, la Cour de justice ne peut plus être saisie, laissant les victimes sans aucune voie de recours.

Un militant malien en exil en France résume cette situation : « Les juntes militaires au pouvoir depuis des années n’ont jamais cherché à sanctionner les responsables de crimes graves. Leur retrait de la CEDEAO confirme leur rejet total de l’État de droit et des droits humains ».

une confédération sans justice ni transparence

Le projet de confédération entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger s’articule autour de valeurs éloignées des principes démocratiques. L’absence de mécanismes de contrôle et de protection des droits humains annonce un avenir sombre pour les populations de ces pays.