1 août 2026

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La CNR dénonce les incohérences du régime d’Oligui Nguema au Gabon

La Coalition nationale républicaine (CNR) a lancé une offensive politique sans précédent contre le régime transitoire mis en place au Gabon. Dans une déclaration percutante, l’alliance reproche au président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, son manque de cohérence dans les décisions et une dérive par rapport aux idéaux portés par le changement institutionnel survenu après la chute d’Ali Bongo Ondimba. Ce discours marque une radicalisation du débat politique gabonais, encore marqué par les séquelles de la crise post-électorale.

Une opposition frontale contre les erreurs de gouvernance

La CNR accuse l’exécutif gabonais de gérer les affaires de l’État sans vision claire, multipliant les revirements et les annonces contradictoires. Selon la coalition, cette instabilité décisionnelle alimente un climat d’incertitude préjudiciable aux investisseurs locaux et internationaux, ainsi qu’à la crédibilité du pays sur la scène régionale. Les responsables de la formation évoquent des approximations dans la conception des politiques publiques, un manque de rigueur et une absence de préparation suffisante pour affronter les défis économiques et institutionnels actuels.

Cette critique ne se limite pas à un simple débat partisan. Elle interroge la capacité du régime issu du coup d’État militaire de 2023 à concrétiser sa promesse de renouveau, en transformant l’énergie initiale en une gouvernance stable et pérenne. La CNR dénonce ainsi un écart croissant entre les discours et les actions, remettant en cause l’efficacité de l’équipe dirigeante.

La transition gabonaise sous les projecteurs des critiques

Depuis l’arrivée des militaires au pouvoir, le Gabon suit un calendrier transitoire constamment révisé. Les ajustements successifs du référendum constitutionnel, de l’adoption d’un nouveau Code électoral et de l’élection présidentielle d’avril 2025 – remportée par Oligui Nguema – ont façonné une trajectoire présentée par ses partisans comme un retour progressif à l’ordre constitutionnel. Pourtant, ses détracteurs y voient une manœuvre pour consolider un pouvoir personnel, éloigné des attentes populaires.

C’est précisément sur ce point que la CNR souhaite peser. En pointant du doigt les incohérences de l’action gouvernementale, la coalition cherche à occuper un espace politique encore peu structuré dans le paysage gabonais. Son objectif : offrir une alternative crédible face à un exécutif qui monopolise l’agenda national depuis deux ans. Plusieurs personnalités politiques, issues tant du sérail Bongo que de la société civile, réévaluent actuellement leur positionnement face à cette dynamique.

Les reproches de la CNR portent autant sur la forme que sur le fond. Sur la forme, elle dénonce un manque de dialogue avec les acteurs sociaux et politiques. Sur le fond, elle questionne la pertinence des réformes annoncées, la clarté des engagements économiques et la capacité du gouvernement à tenir ses promesses de rupture, formulées en début de transition.

Un impact qui dépasse les frontières du Gabon

La prise de position de la CNR ne reste pas cantonnée à l’arène politique gabonaise. Libreville est sous surveillance étroite de ses partenaires régionaux, notamment au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), ainsi que des bailleurs de fonds internationaux. Toute contestation organisée de la trajectoire choisie par Oligui Nguema influence les évaluations menées par les capitales africaines et européennes, comme Brazzaville, Addis-Abeba ou Paris.

Pour que cette intervention ait un poids durable, la CNR devra prouver sa capacité à mobiliser au-delà des déclarations. Les prochaines élections locales et législatives représenteront un test décisif. Elles révéleront si les griefs exprimés résonnent auprès d’une population en quête de changements concrets : amélioration du pouvoir d’achat, accès aux services publics et lutte contre la corruption.

Pour le régime gabonais, les défis sont doubles. D’une part, répondre aux critiques en apportant des éléments tangibles pour restaurer la confiance dans l’action publique. D’autre part, empêcher que cette contestation, encore dispersée, ne s’organise en une opposition unifiée, capable de fédérer au-delà de ses bases traditionnelles. Cette sortie de la CNR pourrait bien marquer un tournant dans l’histoire politique post-transition du pays.