2 juillet 2026

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La CPI face au retrait des pays du Sahel : un danger pour la lutte contre l’impunité ?

La présidente de l’Assemblée des États parties au Statut de Rome a exprimé, mercredi dernier, une vive inquiétude quant à la décision du Burkina Faso, du Mali et du Niger de quitter la Cour pénale internationale. Une telle initiative, selon elle, menace directement les avancées en matière de justice internationale et risque d’affaiblir les mécanismes de lutte contre l’impunité dans la région.

Une alerte sur les conséquences d’un retrait de la CPI

Dans une déclaration officielle, la présidente de l’Assemblée des États parties a souligné que le départ de ces trois pays sahéliens pourrait fragiliser la coopération judiciaire internationale. Elle rappelle que la CPI joue un rôle central dans le système mondial de justice et appelle ces États à reconsidérer leur position. Elle insiste également sur l’importance de privilégier le dialogue au sein de l’Assemblée, où chaque membre dispose de moyens pour exprimer ses préoccupations.

Un autre point crucial soulevé par la présidence concerne les obligations légales : un retrait du Statut de Rome ne dispense pas un État des responsabilités qu’il a contractées pendant sa participation au traité. Cette nuance juridique est essentielle pour comprendre les enjeux d’une telle décision.

Un calendrier précis pour le retrait du Niger

La notification officielle du retrait du Niger a été enregistrée par la CPI, qui en a reçu l’avis le 18 juin 2026. Conformément aux dispositions du Statut de Rome, cette séparation prendra effet un an plus tard, soit le 18 juin 2027. Une échéance qui laisse une fenêtre de réflexion aux autorités nigériennes.

Les raisons invoquées par l’Alliance des États du Sahel

En septembre 2025, les dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, avaient annoncé leur intention de quitter la CPI. Dans un communiqué commun, signé notamment par le général Assimi Goïta, alors président en exercice de l’AES, ils reprochaient à la Cour son incapacité à poursuivre efficacement les responsables des crimes les plus graves. Ils dénonçaient également une justice perçue comme « sélective », voire un outil de « répression néocoloniale ».

L’AES a par ailleurs critiqué le silence de la CPI face à certains crimes, tout en accusant la Cour de cibler des acteurs extérieurs au « cercle de l’impunité internationale institutionnalisée ». Une rhétorique qui reflète les tensions croissantes entre les pays sahéliens et les institutions judiciaires internationales.