L’Union européenne a annoncé son nouveau projet de règlement sur l’accélération industrielle, qui vise à renforcer la compétitivité des entreprises européennes. La France est prête à défendre une approche sélective, en distinguant les pays qui participent effectivement à la compétitivité et à la sécurité des approvisionnements européens de ceux qui demeurent de simples fournisseurs extérieurs.
Le partenariat franco-marocain est déjà très avancé dans plusieurs secteurs, notamment l’automobile et l’aéronautique. Les usines Renault de Tanger et celles de Stellantis à Kenitra fonctionnent désormais comme des extensions des chaînes de production françaises. Le même mouvement est à l’œuvre dans l’aérospatiale, avec des entreprises telles que Safran et Daher qui ont intégré les capacités industrielles marocaines à leurs propres chaînes de valeur.
La France défend un «Made in Europe» exigeant, tout en ayant construit depuis vingt ans une stratégie de co-industrialisation avec le Maroc. L’objectif est d’éviter qu’un «Made with Europe» qui engloberait indistinctement l’ensemble des partenaires commerciaux de l’Union ne vide la préférence européenne de sa substance.
La position de l’Allemagne sera déterminante dans ce contexte. Berlin a longtemps regardé avec réserve les projets français de préférence industrielle européenne, mais la puissance exportatrice craignait les restrictions commerciales de Pékin et les représailles chinoises contre son industrie automobile.
La France n’a jamais officiellement demandé que le Maroc figure parmi les futurs partenaires de confiance, mais l’ensemble de sa stratégie industrielle et diplomatique fait du Royaume un candidat naturel à ce traitement.
La bataille se jouera aussi au Parlement européen, où deux rapporteurs français occupent des positions déterminantes dans l’examen du règlement. Une responsabilité particulière leur incombera, ainsi qu’aux délégations françaises: veiller à ce que les nouvelles frontières réglementaires que l’Union est en train de dessiner ne fragilisent pas l’avenir du partenariat industriel maroco-français.

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