La Chine appuie les efforts de la RDC pour combattre les violences sexuelles en temps de guerre
Lors d’une séance historique du Conseil de sécurité des Nations Unies, présidée par la République démocratique du Congo (RDC), l’ambassadeur chinois Fu Cong a réitéré le ferme soutien de Pékin aux initiatives congolaises visant à endiguer les violences sexuelles liées aux conflits armés. Une déclaration qui s’inscrit dans un contexte d’intensification alarmante de ces crimes odieux à travers le monde.
L’émissaire chinois a fermement condamné l’escalade des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre et de terrorisme, qualifiant ces actes de violations graves des résolutions onusiennes et du droit international. Il a souligné leur impact dévastateur sur les victimes, leurs familles et leurs communautés, laissant des séquelles physiques et psychologiques profondes et durables.
Une situation critique en RDC, particulièrement à l’Est du pays
La RDC, et notamment sa partie orientale, reste l’un des foyers les plus touchés par ce fléau. Les violences sexuelles y persistent en raison de l’activité incessante des groupes armés locaux et étrangers, ainsi que de l’ingérence du Rwanda via le soutien à la rébellion de l’AFC/M23. Une situation qui aggrave la vulnérabilité des femmes et des filles dans cette région déjà en proie à l’instabilité chronique.
Selon les dernières données disponibles, les violences sexuelles liées aux conflits ont plus que doublé en un an, atteignant un niveau sans précédent. Cette réalité a été mise en lumière par Pramila Patten, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU chargée de cette problématique, qui alerte sur l’urgence d’agir face à cette crise humanitaire.
La souveraineté nationale au cœur des solutions proposées
Pour Fu Cong, le respect de la souveraineté des États constitue un principe intangible. Il a rappelé que la prévention et la lutte contre les violences sexuelles relèvent avant tout de la responsabilité des gouvernements concernés. La communauté internationale, a-t-il ajouté, doit respecter pleinement l’autorité des pays touchés tout en les accompagnant dans le renforcement de leurs capacités sécuritaires et judiciaires.
« Des pays comme la RDC et la Colombie ont fait preuve d’un engagement remarquable en adaptant des solutions à leur contexte national. Grâce à des enquêtes approfondies, des poursuites judiciaires, un renforcement des forces de l’ordre et des mécanismes de réparation, des progrès significatifs ont été accomplis. La Chine salue ces efforts et réaffirme son soutien aux pays qui luttent contre ces crimes. »
La paix : une condition indispensable
Le diplomate chinois a martelé que le rétablissement de la paix et de la stabilité constitue la clé pour éradiquer les violences sexuelles liées aux conflits. Selon lui, les guerres, les troubles sociaux et l’affaiblissement de l’État de droit créent un terreau fertile pour ces exactions. Il a appelé à une action collective pour promouvoir la diplomatie préventive, renforcer les cessez-le-feu et mettre fin aux conflits.
« Seule une paix durable permettra d’éliminer ces violences à la racine. La communauté internationale doit privilégier le règlement pacifique des différends, renforcer la médiation et maintenir une tolérance zéro envers le terrorisme. Il est essentiel de respecter le droit international humanitaire et de désamorcer les tensions dans les zones de conflit. »
Renforcer les mécanismes d’assistance aux victimes
Fu Cong a également insisté sur la nécessité de soutenir les survivantes et survivants. Il a plaidé pour un accès universel à des soins médicaux, un soutien psychologique, une assistance juridique et des programmes de réinsertion économique. Une attention particulière doit être portée à la lutte contre la stigmatisation des victimes, souvent abandonnées à leur sort en raison de la pénurie de financements.
« Les Nations Unies et les agences humanitaires font face à des difficultés financières majeures, réduisant ainsi l’efficacité des programmes d’assistance. Nous exhortons les donateurs traditionnels, notamment les pays ayant une responsabilité historique, à honorer leurs engagements et à fournir un soutien stable et prévisible aux pays touchés et aux victimes. »
Cette déclaration intervient alors que les femmes congolaises, en particulier dans l’Est du pays, continuent de subir les conséquences dévastatrices des violences sexuelles. Malgré les initiatives diplomatiques en cours, la situation sur le terrain reste critique, avec des affrontements persistants et des accusations mutuelles entre les parties prenantes.

Plus d'histoires
Gabon : le développement humain connaît une dégradation inquiétante depuis 2021
Le Sénégal et le Togo face à l’épreuve de l’État de droit
Prix des œufs au Burkina : une mesure anti-économique qui menace les producteurs