25 août 2026

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La ministre espagnole de la Défense éclaire les causes de l’afflux migratoire massif à Sebta

Mardi, devant le Congrès, Margarita Robles, la ministre espagnole de la Défense, a clairement indiqué que la décision du Tribunal suprême concernant les refoulements à la frontière de Sebta avait provoqué un «appel d’air» significatif. Cet effet a, selon elle, directement contribué aux arrivées massives de migrants observées les 30 et 31 juillet.

Pour appuyer ses déclarations, Madame Robles s’est référée à un rapport détaillé de l’état-major de la Défense espagnole. Ce document analyse la montée en puissance de cette mobilisation migratoire en trois étapes distinctes. La phase initiale, qualifiée de «migration concentrée», a débuté le 8 juillet, suite à la diffusion de l’arrêt judiciaire stipulant que les individus atteignant la ville par la mer ne pouvaient être immédiatement renvoyés.

Dès cette date clé, des centaines de personnes ont entamé la traversée, un chiffre qui a rapidement gonflé pour atteindre plusieurs milliers. La ministre a souligné un «appel d’air», alimenté par une interprétation sélective de la décision judiciaire, information qui s’est propagée massivement via les réseaux sociaux.

Un second message a amplifié le phénomène, désignant la Fête du Trône au Maroc comme une opportunité idéale pour franchir la frontière. Selon les précisions de Margarita Robles, des groupes sur Facebook auraient diffusé l’idée d’une réduction des effectifs policiers côté marocain pendant les festivités.

Une mobilisation «auto-organisée» sur les réseaux sociaux

La ministre a avancé l’idée que ce que l’on a décrit comme un «assaut massif» n’était pas le fruit d’une coordination centralisée, mais plutôt d’une «auto-organisation» spontanée des migrants. Ces derniers auraient convergé vers la frontière, motivés par un «message d’opportunité» et des publications affirmant une «prétendue absence d’obstacles» pour accéder à Sebta.

La version officielle de la Défense espagnole positionne donc les réseaux sociaux au centre de cette mobilisation. Margarita Robles a expliqué que la rapidité avec laquelle ces messages se sont propagés a rendu impossible une réaction rapide des forces de sécurité face à des milliers de tentatives de passage simultanées.

Margarita Robles a aussi affirmé qu’il était matériellement irréalisable de «freiner, par l’usage de la force, ces déferlements de centaines, voire de milliers, d’individus». Une telle intervention aurait entraîné des conséquences tragiques, a-t-elle prévenu. «Le bilan humain aurait été incalculable», a-t-elle précisé lors de son témoignage devant la commission de la Défense.

Les déclarations de Robles résonnent avec les explications précédemment avancées par le Maroc, dès le 2 août. Le ministère de l’Intérieur marocain avait alors détaillé une stratégie proactive et exhaustive, incluant la détection rapide des signaux, le renforcement de la vigilance, la mobilisation des services de sécurité et une surveillance accrue, tant terrestre que maritime. Ce dispositif a permis, selon Rabat, de maîtriser la situation, de sauvegarder des vies, de maintenir l’ordre public et de sécuriser les frontières, tout en respectant la législation et le principe de proportionnalité. Le Maroc avait également imputé ces tentatives de passage à la propagation d’informations fallacieuses sur les réseaux sociaux, à l’activité des réseaux de passeurs et à une interprétation erronée des arrêts de la justice espagnole.

Un commandement unifié

L’audition de Margarita Robles marque le début d’une semaine intense au Congrès, où huit ministres espagnols sont attendus pour rendre compte de la gestion gouvernementale face à cette crise. Celle-ci avait débuté 26 jours auparavant avec l’entrée d’environ 80 000 migrants sur le territoire.

En parallèle, Pedro Sánchez a dirigé mardi la toute première réunion du Conseil de sécurité nationale spécifiquement dédiée à la situation de Sebta. Cette session a rassemblé les vice-présidents du gouvernement, plusieurs ministres clés, les hauts responsables de la sécurité de l’État, ainsi que Juan Jesús Vivas, qui y a participé à distance.

Cette importante rencontre a officialisé l’établissement d’un commandement unifié, spécifiquement dédié à la gestion de la crise. La coordination de cette entité sera sous la responsabilité d’Ángel Víctor Torres, ministre de la Politique territoriale. Il présidera un comité regroupant Juan Jesús Vivas, le délégué du gouvernement, des représentants éminents du Centre national de renseignement, et des membres des ministères impliqués.