5 août 2026

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La République Démocratique du Congo face à une épidémie d’Ebola qui s’accélère : l’OMS en alerte

L’épidémie d’Ebola en République Démocratique du Congo (RDC) connaît une intensification préoccupante, avec une propagation à un rythme jugé exceptionnel. Les autorités congolaises rapportent un total de 3 874 cas confirmés et 1 751 décès depuis le début de cette flambée. Cette situation rappelle la période sombre entre 2018 et 2020, où le pays avait enregistré son épidémie la plus meurtrière, causant près de 2 300 morts parmi 3 500 malades.

Face à cette recrudescence, le directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, est arrivé mardi à Kinshasa, la capitale de la RDC. Il devait s’entretenir mercredi avec le président congolais Félix Tshisekedi pour discuter des stratégies de riposte. M. Ghebreyesus s’était déjà rendu fin mai dans la province de l’Ituri, située au nord-est du pays, une région qui constitue l’épicentre de l’épidémie actuelle et d’où proviennent près de 90 % des cas signalés.

La flambée actuelle est attribuée au variant Bundibugyo du virus Ebola, pour lequel il n’existe malheureusement à ce jour ni vaccin ni traitement spécifique approuvé. Cette épidémie frappe des régions où la présence de l’État est souvent limitée et où les infrastructures de santé sont cruellement sous-équipées.

Un porte-parole de l’OMS a souligné que « l’épidémie continue malheureusement de se propager à un rythme qui dépasse les capacités de réponse ». Il a insisté sur la nécessité cruciale d’un soutien financier accru et de ressources supplémentaires pour renforcer les capacités de traitement, les équipes d’enquête épidémiologique sur le terrain, et les équipes chargées des inhumations sécurisées et dignes.

Le virus Ebola, qui se transmet par contact direct avec les fluides corporels infectés, provoque une fièvre hémorragique souvent fatale. Au cours des cinquante dernières années, cette maladie a coûté la vie à plus de 15 000 personnes sur le continent africain. L’épidémie en cours s’est étendue au cours des deux derniers mois à cinq provinces de la RDC : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo.

Sur le front de la recherche, le Canada a récemment donné son feu vert au géant pharmaceutique américain Moderna pour lancer des essais cliniques sur un vaccin ciblant la souche Bundibugyo d’Ebola. Parallèlement, le vaccin « rVSV Bundibugyo », que l’OMS considère comme « le plus prometteur », sera également développé par Hilleman Laboratories, une entité basée à Singapour.

Fin juillet, un premier volontaire a reçu une dose d’un autre vaccin expérimental contre le Bundibugyo, mis au point par l’université d’Oxford au Royaume-Uni. Ce vaccin utilise une technologie similaire à celle du vaccin anti-Covid-19 d’AstraZeneca. Plusieurs initiatives sont également en cours pour tester rapidement des traitements potentiels contre la souche Bundibugyo, incluant les antiviraux remdesivir et obeldesivir, ainsi qu’un anticorps monoclonal désigné sous le nom de MBP134.

La RDC avait déclaré le 15 mai sa 17ème épidémie d’Ebola, après plusieurs semaines de retard, sur son vaste territoire qui compte plus de 100 millions d’habitants.