26 septembre 2026

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Ce que la déblacklistation du général Olenga révèle des coulisses diplomatiques américaines

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Une décision qui dévoile les ressorts cachés d’un long bras de fer

Derrière l’annonce officielle du retrait des sanctions américaines visant le général François Olenga se cache une mécanique diplomatique et juridique longtemps restée dans l’ombre. Le Département du Trésor des États-Unis a notifié, par l’intermédiaire de l’OFAC, la fin des mesures restrictives qui frappaient depuis plus de neuf ans le général quatre étoiles à la retraite ainsi que son complexe Safari Beach, situé à la N’sele. Une issue qui met un terme à une procédure entamée en juin 2017, lorsque Washington avait inscrit l’ancien responsable de la garde rapprochée de Joseph Kabila sur sa liste noire financière.

Les ressorts d’un revirement longuement mûri

L’avocat du général, Me Aimé Kilolo Musamba, a confirmé l’information dans un communiqué daté du 23 septembre, précisant que la notification officielle émane directement du Département du Trésor. Cette décision, selon lui, couronne plus de neuf années de démarches, de travail et de plaidoyer, qui l’ont conduit à plusieurs reprises à Washington pour défendre la cause de son client devant les institutions américaines.

« J’ai toujours soutenu que les éléments du dossier ne justifiaient pas le maintien de ces sanctions contre mon client. Aujourd’hui, cette longue procédure aboutit », écrit Me Kilolo, qui voit dans cette affaire la démonstration qu’un avocat africain peut porter une défense au plus haut niveau international et faire entendre ses arguments face aux mécanismes juridiques complexes des grandes puissances.

Un plaidoyer pour une souveraineté judiciaire congolaise

Au-delà du cas individuel du général Olenga, Me Kilolo tire de cette expérience une leçon plus large pour la République démocratique du Congo. Il estime que le pays doit sortir de sa léthargie en matière de sanctions internationales. Face aux crimes internationaux commis notamment dans l’Est du territoire, la RDC ne peut, selon lui, continuer à attendre que les sanctions individuelles et financières proviennent presque exclusivement des États-Unis ou de l’Union européenne.

« Notre pays, la RDC, doit se doter d’un cadre législatif national permettant à ses propres institutions d’adopter, dans le respect de l’État de droit et des droits de la défense, des sanctions ciblées contre les personnes et entités impliquées dans les crimes internationaux commis sur son territoire. La souveraineté, c’est aussi la capacité d’un État à mettre lui-même en œuvre les instruments juridiques nécessaires à la défense de sa population et de ses intérêts fondamentaux », plaide l’avocat depuis Bruxelles où il séjourne.

Il ajoute que le droit n’a pas de frontière lorsque la défense est portée avec compétence, constance et détermination, mais que la justice internationale ne doit pas davantage être une responsabilité que le Congo abandonne aux autres.

Retour sur les origines d’une mise à l’index

Pour comprendre la portée de ce revirement, il faut remonter à juin 2017. À l’époque, le général François Olenga, alors en charge de la garde rapprochée de l’ancien président Joseph Kabila, est inscrit sur la liste noire financière de Washington. Ses avoirs sont gelés et il se voit interdire l’entrée sur le territoire américain. L’Administration américaine lui reproche des entraves au processus démocratique, dans un contexte de crise politique consécutif au maintien au pouvoir de Joseph Kabila après l’expiration de son mandat en décembre 2016.

Le Trésor américain détaillait alors, dans un communiqué, que sous son contrôle, la Garde républicaine aurait harcelé des opposants politiques, procédé à des arrestations et exécutions qualifiées d’arbitraires, et entravé l’action des observateurs de l’ONU.

Concrètement, ces mesures empêchaient le général Olenga non seulement d’accéder à d’éventuels avoirs aux États-Unis, mais aussi de nouer des relations d’affaires avec des entités ou des individus américains. Son prestigieux complexe touristique Safari Beach, situé à la N’sele, avait également été frappé par ces restrictions.

Un signal pour l’avenir des sanctions ciblées

La levée de ces mesures ouvre désormais la voie à de nouvelles perspectives pour le général Olenga et son complexe, qui peuvent à nouveau interagir avec des ressortissants et entités américains. Mais au-delà de ce cas individuel, cette décision met en lumière les coulisses d’un processus diplomatique et juridique de longue haleine, où se mêlent plaidoyers, négociations et évolutions géopolitiques. Elle interroge aussi sur la capacité des États africains à se doter de leurs propres instruments de sanction, une question que Me Kilolo entend porter au-delà de la simple défense de son client.