5 août 2026

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Le Bénin, un phare de croissance en Afrique de l’Ouest malgré les turbulences mondiales

Face à un climat international tendu, marqué par les crises géopolitiques et la volatilité des marchés, le Bénin se distingue par une trajectoire de croissance économique robuste. Le Rapport pays 2026 de la Banque africaine de développement (BAD) révèle une progression impressionnante de 8,1 % en 2025 pour l’économie béninoise, avec des prévisions de maintien au-delà de 7 % jusqu’en 2027. Cette résilience remarquable est principalement alimentée par l’essor de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), la modernisation des infrastructures portuaires et une gestion budgétaire rigoureuse, bien que des défis sociaux et sécuritaires significatifs persistent.

Une économie béninoise en pleine ascension au cœur des incertitudes globales

Alors que l’économie mondiale peine à retrouver un équilibre stable, confrontée aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et aux incertitudes financières, le Bénin démontre une capacité exceptionnelle à se démarquer. Après une croissance de 7,5 % de son Produit Intérieur Brut (PIB) en 2024, le pays a accéléré son rythme pour atteindre un taux de 8,1 % en 2025, se positionnant ainsi parmi les économies les plus performantes du continent africain.

Cette dynamique n’est pas fortuite. Le premier volet du Rapport pays 2026 de la BAD met en lumière des fondamentaux macroéconomiques assainis et la poursuite de réformes structurelles comme piliers de cette réussite. La stratégie de diversification et de transformation locale porte désormais ses fruits, renforçant la capacité du Bénin à absorber efficacement les chocs extérieurs.

Tous les secteurs d’activité propulsent la performance béninoise

La force de la croissance béninoise réside dans son caractère inclusif, l’ensemble des leviers économiques ayant contribué à la création de richesse en 2025.

L’industrie et les infrastructures: des moteurs de croissance essentiels

Le secteur secondaire se révèle être le principal moteur de cette accélération, enregistrant une progression spectaculaire de 9,8 %. Cette performance est tirée par les vastes projets d’assainissement, de voirie et de modernisation portuaire. La Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) joue un rôle de catalyseur majeur pour les industries manufacturières. Parallèlement, les activités extractives ont connu un essor significatif grâce à l’exploitation intensive des carrières, alimentant la cimenterie locale et la nouvelle filière de fabrication de carreaux.

Les services et la transformation numérique en plein essor

Le secteur tertiaire affiche une croissance solide de 8,5 %. Cette vitalité s’explique par l’expansion des services numériques, la robustesse du commerce international et le rôle stratégique du Port autonome de Cotonou, dont la logistique et les transports continuent de stimuler les échanges régionaux.

La résilience de l’agriculture et de l’élevage

Le secteur primaire poursuit sa progression régulière avec une hausse de 5,7 %. Le sous-secteur de l’élevage a particulièrement brillé, son activité ayant bondi de 8,8 %, soutenue par une campagne agricole favorable et des investissements ciblés visant à améliorer la productivité locale. Du côté de la demande globale, l’investissement s’est imposé comme le principal moteur avec une augmentation de 10,7 % en 2025, complétée par une consommation des ménages en hausse de 7,3 %.

Stabilité monétaire et finances publiques sous contrôle

Dans un contexte international souvent marqué par la poussée inflationniste, le Bénin réussit à préserver le pouvoir d’achat de ses citoyens.

Une inflation maîtrisée à 1,1 %

Grâce aux orientations de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le taux d’inflation s’est établi à seulement 1,1 % en 2025, bien en deçà de la norme communautaire de 3 % fixée par l’UEMOA. Cette maîtrise s’explique par la stabilité des coûts d’approvisionnement des produits pétroliers en provenance du Nigéria voisin et par l’abondance des récoltes locales, qui a efficacement freiné la hausse des prix des denrées alimentaires.

Consolidation budgétaire et un secteur financier robuste

Le secteur bancaire béninois confirme sa solidité, avec des crédits à l’économie en hausse de 8,8 % et des actifs bancaires progressant de 9,2 %, maintenant un ratio de solvabilité confortablement supérieur aux exigences réglementaires. Sur le plan budgétaire, le gouvernement maintient sa stratégie d’assainissement, les recettes fiscales passant de 13,3 % à 13,9 % du PIB et les dépenses publiques étant maintenues à 18,7 % du PIB. Cette rigueur a permis de réduire le déficit budgétaire à 2,8 % du PIB, contre 3 % l’année précédente. Bien que le Bénin conserve un risque de surendettement jugé modéré par la BAD, l’institution appelle à la vigilance face à l’augmentation des financements commerciaux internationaux, qui tend à alourdir le coût du service de la dette.

Montée en puissance du commerce extérieur et cap sur 2027

Le modèle économique béninois opère une transition progressive d’une économie de transit vers une économie d’exportation de produits transformés. Grâce à la GDIZ, des matières premières comme le coton, le soja ou la noix de cajou ne sont plus seulement exportées brutes, mais transformées localement dans les secteurs du textile et de l’agroalimentaire. Les exportations représentent désormais 23 % du PIB, contre 21,8 % l’année précédente, contribuant ainsi à réduire le déficit courant à 5,8 % du PIB. À l’échelle de la zone UEMOA, les réserves de change garantissent désormais 7,6 mois d’importations, offrant un niveau rassurant pour les échanges futurs.

Pour les années à venir, la BAD anticipe une trajectoire très stable avec une croissance de 7 % en 2026, puis de 7,1 % en 2027. Cet optimisme repose sur la stabilité politique, l’expansion des infrastructures de Cotonou et le démarrage de nouveaux projets d’extraction, notamment le gisement pétrolier de Sèmè et la mine d’or de Perma.

Le grand défi social : valoriser le dividende démographique

Malgré ces indicateurs macroéconomiques positifs et une hausse du PIB réel par habitant de 5,6 % en 2025, les retombées sur le quotidien des populations restent mesurées. La BAD souligne l’impact positif des 25 000 emplois directs créés par la GDIZ, mais rappelle une réalité structurelle majeure : plus de 90 % des actifs béninois évoluent toujours dans le secteur informel. Cette prépondérance de l’informel freine les gains de productivité et retarde la réduction rapide de la pauvreté.

Pour corriger ce décalage, la BAD préconise d’intensifier les investissements dans la formation professionnelle afin d’aligner l’offre éducative sur les besoins des nouvelles industries, tout en soutenant le capital humain et la création d’emplois formels durables pour pleinement valoriser le dividende démographique.

Facteurs de risque et recommandations stratégiques

Cette dynamique prometteuse n’est pas exempte de turbulences. Dans son rapport, la BAD énumère plusieurs risques susceptibles de compromettre les prévisions. Sur le plan extérieur, l’escalade des tensions au Moyen-Orient et une hausse prolongée du baril de pétrole constituent des menaces réelles. À l’échelle régionale, les incertitudes sécuritaires dans le nord du pays et une dépendance économique marquée vis-à-vis des politiques commerciales du Nigéria demandent une vigilance constante, sans oublier les aléas climatiques qui menacent les rendements agricoles.

Pour sécuriser cette croissance, la BAD recommande au Bénin de maintenir le cap de la discipline budgétaire tout en accélérant ses chantiers énergétiques stratégiques. Le développement de projets structurants comme la centrale hydroélectrique de Dogo-Bis s’avère indispensable pour garantir l’autonomie énergétique de la nation, réduire les coûts de production des usines de la GDIZ et renforcer la compétitivité globale du pays.

Le Bénin s’affirme aujourd’hui comme un modèle de résilience macroéconomique en Afrique de l’Ouest. En s’appuyant sur l’industrialisation locale, une rigueur budgétaire exemplaire et le développement d’infrastructures portuaires modernes, le pays s’assure une croissance supérieure à 7 % jusqu’en 2027. Cependant, le succès ultime de ce modèle économique se mesurera à sa capacité à réduire le secteur informel, à sécuriser ses frontières et à transformer cette prospérité en opportunités concrètes et durables pour la jeunesse béninoise.