1 août 2026

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Le capitaine Ibrahim Traoré rejette la démocratie et annonce un nouveau système au Burkina Faso

Le capitaine Ibrahim Traoré propose un nouveau modèle politique pour le Burkina Faso

Portrait du capitaine Ibrahim Traoré en tenue militaire beige et béret rouge

Lors d’une intervention médiatique diffusée en prime time sur la chaîne nationale, le capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’État depuis trois ans, a qualifié la démocratie de système inadapté aux réalités du Burkina Faso. Dans un discours sans équivoque, il a affirmé que ce modèle politique devait être « oublié », soulignant son incompatibilité avec les aspirations du peuple burkinabè.

Le dirigeant militaire a également précisé que la majorité des Africains ne souhaitaient pas adopter ce système, tout en évoquant l’existence d’une « approche alternative » propre au Burkina Faso. Aucune précision n’a été apportée concernant la nature de ce nouveau modèle politique.

Un calendrier électoral repoussé et une junte au pouvoir prolongé

Initialement prévu pour juillet 2024, le rétablissement de l’ordre démocratique avait été reporté sine die par les autorités militaires. Deux mois avant la date initialement annoncée, la junte a finalement décidé de prolonger son mandat de cinq ans, officialisant ainsi une période de transition prolongée.

L’interdiction des partis politiques : une étape vers la « reconstruction » de l’État

En janvier dernier, les autorités ont annoncé la dissolution de tous les partis politiques, les qualifiant de structures « divisives » et incompatibles avec le projet révolutionnaire en cours. Cette mesure s’inscrit dans une logique de refonte des institutions, présentée comme nécessaire à la stabilité du pays.

Les déclarations choc de Traoré sur la démocratie et ses références controversées

« Les gens doivent oublier la question de la démocratie. La démocratie n’est pas pour nous », a martelé Traoré lors de son intervention. Il a ajouté : « Regardez la Libye, c’est un exemple proche de nous. » Le dirigeant a évoqué le régime de Mouammar Kadhafi, mettant en avant les avantages sociaux offerts sous son ère, tout en omettant les violences et l’autoritarisme qui ont marqué son règne.

Traoré a également critiqué l’intervention occidentale en Libye, soulignant que les puissances étrangères imposaient souvent la démocratie par la force, au prix de violences et de chaos. « Partout où elles [les puissances occidentales] tentent d’instaurer la démocratie dans le monde, cela s’accompagne toujours d’un bain de sang », a-t-il déclaré.

Un nouveau système fondé sur la souveraineté et le patriotisme

Le capitaine Traoré a présenté les contours de son projet politique, centré sur la souveraineté nationale, le patriotisme et une mobilisation révolutionnaire. Selon lui, les chefs traditionnels et les structures locales joueront un rôle central dans ce nouveau système. Aucune proposition concrète n’a cependant été dévoilée quant à son fonctionnement pratique.

Il a insisté sur la nécessité de renforcer l’autonomie économique et militaire du pays, affirmant que des journées de travail de six à huit heures ne suffiraient pas à combler le retard du Burkina Faso face aux nations plus prospères.

Une répression accrue contre l’opposition et les médias

Depuis son arrivée au pouvoir, Traoré a intensifié la répression contre les détracteurs, ciblant l’opposition, les médias et la société civile. Des accusations graves pèsent sur son gouvernement, notamment celle d’avoir envoyé des opposants sur les lignes de front du conflit contre les groupes armés islamistes en guise de punition.

Malgré cette politique autoritaire, le capitaine Traoré bénéficie d’un soutien croissant sur le continent africain, grâce à son discours panafricaniste et sa critique virulente de l’influence occidentale.

Une alliance régionale contre l’Occident et un partenariat controversé avec la Russie

Comme ses voisins du Mali et du Niger, le Burkina Faso a rompu ses collaborations militaires avec les pays occidentaux, notamment la France, dans la lutte contre les insurgés islamistes qui secouent la région depuis plus d’une décennie. Ces trois pays se sont tournés vers la Russie pour obtenir un soutien militaire, sans pour autant observer une amélioration de la situation sécuritaire.

Les violences persistent, et les populations civiles paient un lourd tribut. Selon un rapport de Human Rights Watch (HRW), plus de 1 800 civils ont été tués au Burkina Faso depuis le coup d’État de 2023. L’organisation attribue les deux tiers de ces victimes aux forces armées burkinabè et à leurs milices alliées, le reste étant imputable aux groupes armés islamistes.