17 juillet 2026

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Le Gabon mise sur le contenu local pour transformer sa richesse minière

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le Gabon mise sur le contenu local pour transformer sa richesse minière

Libreville — Depuis des années, le Gabon observe un paradoxe persistant : ses sous-sols regorgent de richesses minières, mais une part majeure de la valeur générée quitte le pays sans laisser de trace locale durable. Face à ce constat, les autorités gabonaises, en collaboration avec les acteurs du secteur privé, ont décidé de renverser cette tendance.

Sous l’impulsion de Zénaba Gninga Chaning, ministre de l’Entrepreneuriat, du Commerce, des PME-PMI et de l’Entrepreneuriat des Jeunes, une réflexion collective a été engagée pour faire du contenu local un pilier central de la stratégie économique nationale. L’objectif ? Transformer la rente minière en emplois qualifiés, en entreprises compétitives et en prospérité partagée.

Pour la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) et le groupe Eramet, cette démarche dépasse désormais les simples obligations légales. Il s’agit d’une véritable révolution : faire en sorte que chaque projet minier contribue activement à l’essor économique du Gabon, en y ancrant durablement la création de valeur.

Fin d’un modèle extractif

Le Gabon rejoint ainsi le mouvement mondial des pays producteurs de matières premières qui repensent leur modèle économique. L’idée n’est plus seulement d’extraire des ressources, mais de les utiliser comme levier pour développer un tissu industriel local solide. Chaque investissement minier doit désormais servir de tremplin aux entreprises nationales, aux compétences locales et aux capacités industrielles gabonaises.

Cette ambition ne se limite pas à l’attribution de marchés aux acteurs locaux. Elle vise à faire émerger des champions nationaux capables de rivaliser sur les marchés régionaux et internationaux. Pourtant, des obstacles majeurs subsistent : accès au financement, complexité administrative, manque de visibilité sur les opportunités, normes de certification exigeantes et pénurie de compétences spécialisées.

Les échanges organisés autour de ce thème ont mis en lumière la nécessité de renforcer l’environnement des affaires et de renforcer les synergies entre administrations, entreprises, institutions financières, centres de formation et organisations professionnelles.

Un écosystème économique à construire

Ce qui distingue cette initiative, c’est sa méthode. Inspirée du Design Thinking, elle repose sur une approche collaborative où les solutions émergent des réalités du terrain plutôt que d’être imposées d’en haut. Les consultations ont réuni tous les acteurs concernés : pouvoirs publics, banques, institutions de microfinance, organisations patronales et centres de formation. L’objectif ? Co-construire un écosystème où le contenu local ne repose pas uniquement sur des obligations contractuelles, mais sur une véritable dynamique économique intégrée.

Dans cette logique, le capital humain devient un enjeu central. La formation technique, la certification professionnelle, le mentorat et le transfert de compétences sont désormais considérés comme les fondations invisibles de la souveraineté économique. Les participants ont souligné qu’aucune politique de contenu local ne peut réussir sans un investissement massif dans les ressources humaines.

Des résultats encourageants mais insuffisants

Les chiffres avancés par Comilog révèlent une progression tangible. L’entreprise collabore aujourd’hui avec 780 fournisseurs et prestataires gabonais, dont près de 75 % sont des entreprises locales. Plus de 37 % des achats sont réalisés auprès d’acteurs nationaux, injectant ainsi 56,8 milliards de francs CFA dans l’économie locale. Ces partenariats génèrent également plus de 3 000 emplois directs, un signe encourageant de l’émergence d’un tissu économique gabonais.

Néanmoins, les acteurs présents lors de cette réflexion reconnaissent que ces avancées restent en deçà du potentiel du secteur minier gabonais. L’ambition est désormais claire : amplifier la dynamique en créant plus de richesse locale, en consolidant les PME, en générant des milliers d’emplois qualifiés supplémentaires et en renforçant les partenariats public-privé.

Le contenu local n’est plus perçu comme une simple politique sectorielle. Il s’impose progressivement comme un projet national de transformation économique, essentiel pour l’avenir du Gabon. Dans un contexte où les matières premières critiques deviennent un enjeu géopolitique majeur, les pays qui réussiront seront ceux qui sauront convertir ces ressources en entreprises compétitives, en savoir-faire innovants et en prospérité durable. Le Gabon a choisi d’appartenir à cette catégorie.