3 août 2026

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Le journaliste Ephrem Yalike-Ngonzo, dénonciateur de Wagner, face au refus d’asile en France

  • Sa demande d'asile en France a été refusée, le journaliste continue de se cacher en France avec ses proches en attendant la décision du recours qu'il a déposé.

Le journaliste centrafricain Ephrem Yalike-Ngonzo, connu pour ses révélations sur les opérations du groupe Wagner en République Centrafricaine, a récemment vu sa demande d’asile en France rejetée. Cette décision intervient alors qu’il avait bénéficié d’un laissez-passer pour entrer sur le territoire français en 2024, sous l’égide du président Emmanuel Macron, et qu’il est accusé d’une participation passée au système qu’il a depuis dénoncé.

Pour son avocat, cette décision représente un « signal extrêmement négatif » pour l’ensemble des acteurs engagés dans la lutte contre la propagande russe. Depuis 2024, Ephrem Yalike-Ngonzo avait cherché protection en France, après avoir mis en lumière les mécanismes complexes de la désinformation orchestrée par le groupe paramilitaire Wagner. Malgré le laissez-passer qui lui avait permis de fouler le sol français, sa requête d’asile a été officiellement rejetée ce vendredi 10 juillet.

Des menaces de mort persistantes contre le journaliste

Fin 2019, alors qu’il œuvrait pour diverses publications, Ephrem Yalike-Ngonzo fut contacté. Il recevait alors des sommes allant de quinze à trente euros par article favorable à l’armée centrafricaine et à ses alliés russes, ce qui représentait environ un quart de sa rémunération mensuelle habituelle.

En 2024, ce courageux lanceur d’alerte a brisé le silence, participant à une investigation approfondie sur les manœuvres d’influence russe en Afrique. Ayant déjà échappé à la République Centrafricaine sous la contrainte de menaces de mort émanant directement du groupe Wagner, ses témoignages ont eu un impact significatif. Ils ont notamment conduit à l’imposition de sanctions européennes à l’encontre de Mikhaïl Prudnikov, identifié comme l’une des figures centrales de la machinerie de propagande de Moscou dans la région centrafricaine.

Un recours a été formellement déposé devant la Cour nationale du droit d’asile ce jeudi 9 juillet, mais la décision finale pourrait prendre jusqu’à un an. Pendant ce temps, Ephrem Yalike-Ngonzo et sa famille vivent dans la clandestinité sur le sol français. En République Centrafricaine, ses proches subissent des interrogatoires répétés, sous la pression constante de divulguer l’endroit où il se trouve.