29 juin 2026

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Le Sénégal adopte une révision constitutionnelle sous tension

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Le Sénégal adopte une révision constitutionnelle sous tension

Saikou Seydi
29 juin 2026

Les députés ont voté en majorité pour le projet présenté par le Pastef. Et rejeté les amendements du gouvernement.

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Senegal Dakar 2009 | Bâtiment de l'Assemblée nationale

La majorité parlementaire du Pastef a approuvé le projet de révision constitutionnelle par 129 votes favorables. L’opposition a pour sa part boycotté la séance, en particulier après l’expulsion du député Abdou Mbow, qui avait refusé de quitter la tribune de l’hémicycle.

Le ministre de la Justice, Moussa Sarr, représentait le gouvernement. Il a plaidé pour quatre amendements, qui ont tous été rejetés par les députés de la majorité. Un correspondant sur place a suivi les débats à l’Assemblée nationale.

L’opposition boycotte la séance

Les parlementaires de l’opposition ont reproché au président de l’Assemblée, Ousmane Sonko, d’avoir enfreint le règlement intérieur, ce qui les a conduits à boycotter la séance. Ils ont qualifié la révision proposée par le Pastef de ‘forfaiture’.

Aïssata Tall Sall, cheffe du groupe parlementaire de l’opposition, a déclaré : « L’objectif a été atteint, s’exclame-t-elle. Il s’agissait de montrer à la face du monde que ce qui se passe à l’Assemblée nationale, c’est de la dictature, de la forfaiture. On a mobilisé des gendarmes pour évacuer un député qui n’exerçait qu’un seul droit : celui de prendre la parole. Voilà ce que nous voulions montrer à la face du monde. Objectif atteint ».

Tensions entre le gouvernement et le Pastef

Le ministre de la Justice, Moussa Sarr, a vu ses quatre amendements rejetés par les députés du Pastef. Selon lui, ces amendements visaient à corriger une rupture d’équilibre entre le président et l’Assemblée nationale, au profit de cette dernière. Il a exposé : « Cette révision touche à des questions constitutionnelles majeures et altère les équilibres de notre régime : rationalisation de la motion de censure, limitation du droit de dissolution, modalités de complétion de la Cour constitutionnelle, et articulation avec notre statut fondamental et nos engagements internationaux. En effet, élargir la faculté de déposer une motion de censure à dix reprises durant une législature, tout en ne prévoyant qu’une seule dissolution pour le président de la République durant son mandat, revient à rompre l’équilibre institutionnel traditionnel. »

Divergences entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko

Parmi les points de divergence entre le Pastef et le président Bassirou Diomaye Faye figure l’obligation de déclaration de patrimoine en début et en fin de mandat. Selon Ousmane Sonko, cette divergence n’aurait pas dû exister, car il s’agit d’engagements pris. Il a rappelé : « Le président de la République a repris le texte en ne gardant que ce qui l’arrange. La Constitution n’appartient pas à Bassirou Diomaye Faye. Venir dire : ‘non, je ne ferai plus de déclaration de patrimoine à la fin’, ‘non, je veux être président de parti’, alors que ce sont des engagements pris lors d’un dialogue politique, portés par le parti… Depuis plus de dix ans, nous menons ce combat ensemble. Au nom de quoi une seule personne peut se donner le droit de faire le tri et de ne garder que ce qui l’arrange ? »

Ousmane Sonko a exhorté le président Bassirou Diomaye Faye à promulguer la loi. Le chef de l’État, en revanche, préfère soumettre le texte à un référendum. La réforme a provoqué des manifestations de l’opposition et de la société civile, ce lundi matin, près de l’Assemblée nationale.