21 mai 2026

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Le Sénégal face à l’impasse de 245 chantiers d’infrastructures à l’arrêt

Un inventaire alarmant des projets publics

Le Premier ministre Ousmane Sonko a levé le voile sur une situation préoccupante concernant le patrimoine infrastructurel du Sénégal. Lors d’une réunion interministérielle tenue à Dakar, le chef du gouvernement a révélé que 245 projets de construction sont actuellement au point mort à travers le pays. Ces chantiers représentent un investissement public global de 279 milliards de francs CFA, une somme colossale qui demeure aujourd’hui improductive.

Des actifs dormants aux quatre coins du pays

Ce recensement fait suite aux instructions directes données lors du Conseil des ministres du 15 avril dernier. Le diagnostic technique approfondi montre que ces blocages concernent aussi bien des édifices totalement achevés mais jamais mis en service que des travaux encore en cours de réalisation. Ousmane Sonko a qualifié ces fonds d’« actifs dormants », déplorant que l’argent de l’État soit ainsi immobilisé sans bénéfice concret pour les populations.

Les raisons de cette paralysie sont multiples. Si le manque de ressources financières est identifié comme le facteur dominant, des obstacles d’ordre technique freinent également certains chantiers. Le Premier ministre a pointé du doigt un manque d’anticipation flagrant, notamment concernant les raccordements essentiels aux réseaux d’eau et d’électricité, rendant parfois les bâtiments inutilisables dès leur livraison.

Vers une gestion rigoureuse et la fin du laxisme

Face à ce constat, le gouvernement a décidé de passer à l’offensive. Une commission spéciale sera mise en place au sein de la Primature pour assurer le suivi rigoureux et la finalisation de ces dossiers. De plus, Ousmane Sonko a exigé un inventaire plus approfondi, estimant que la liste actuelle, bien qu’impressionnante, n’est pas encore exhaustive.

Le ton se durcit également envers les responsables de ces retards. Évoquant la négligence et certaines défaillances administratives, le Premier ministre a prôné une politique de « tolérance zéro ». Pour lui, il est désormais impératif que chaque projet intègre une stratégie d’exploitation claire dès sa conception afin d’éviter de nouvelles pertes financières pour le Sénégal.