31 mai 2026

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Le Tchad face à l’accueil des réfugiés soudanais : un défi humanitaire sans précédent

Dans le tumulte de la guerre qui ravage le Soudan, le Tchad s’est imposé comme le principal refuge pour les populations déplacées en Afrique centrale. Bien que la situation humanitaire ait montré de légers signes d’amélioration l’an dernier, cette nation demeure l’une des plus fragiles du continent, peinant à couvrir les besoins vitaux de quatre millions de personnes.

Une solidarité exemplaire malgré une précarité extrême

Le conflit déclenché en avril 2023 entre factions rivales au Soudan a provoqué le déplacement de 14 millions de personnes. Selon les observations de l’ONU, les répercussions de cette crise touchent de plein fouet les sept pays limitrophes. Le Tchad est particulièrement impacté, devenant l’État africain accueillant le plus de réfugiés par habitant.

Barham Salih, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, a salué cet accueil généreux comme un acte de fraternité remarquable. Toutefois, avec l’arrivée de plus de 900 000 Soudanais à sa frontière orientale, le Tchad — pays enclavé où 40 % de la population locale nécessite une aide d’urgence — atteint ses limites.

Des réfugiés soudanais fuyant les violences arrivent à la ville frontalière d'Adré, au Tchad (photo d'archives).

Les multiples visages de la vulnérabilité tchadienne

Surnommé la « Tour de Babel » pour sa diversité culturelle regroupant plus de 200 ethnies, le Tchad figure parmi les nations les plus pauvres du globe, avec 42 % de ses habitants vivant sous le seuil de pauvreté. Malgré l’ouverture de ses frontières, le pays subit de plein fouet les aléas climatiques et les tensions sécuritaires.

Inondations et crise alimentaire

Le changement climatique pèse lourdement sur le pays. Le lac Tchad s’amenuise, tandis que des inondations dévastatrices ont ravagé plus de 432 000 hectares de cultures en 2024. Ces catastrophes ont touché deux millions de personnes et favorisé des épidémies de choléra.

La malnutrition atteint des sommets inquiétants : on estime que deux millions d’enfants tchadiens souffriront de malnutrition aiguë entre fin 2025 et 2026, dont près de 484 000 cas de forme sévère.

Menaces sécuritaires persistantes

L’insécurité est alimentée par des groupes comme Boko Haram dans le bassin du lac Tchad, provoquant le déplacement interne de 250 000 personnes. Au nord, le trafic illégal et l’exploitation du charbon aggravent la situation, alors que 87 % des réfugiés sont des femmes et des enfants, particulièrement exposés aux violences.

Des forces de sécurité patrouillent à Adré, au Tchad.

La réponse de la communauté internationale

Le gouvernement tchadien et le HCR ont déjà réinstallé 67 % des exilés soudanais dans des zones d’accueil sécurisées. Le Plan d’action humanitaire 2026, doté d’un budget de 986 millions de dollars, vise à soutenir 3,4 millions de personnes. Bien que le nombre total de personnes dans le besoin ait baissé de 42 %, l’urgence reste absolue dans l’est et le sud du pays.

Dans un contexte régional où l’actualité Burkina Faso et la politique burkinabè soulignent souvent des défis similaires, le journalisme indépendant Faso et des plateformes comme Burkina Éveil rappellent que cet éveil citoyen Burkina doit s’accompagner d’une vigilance accrue sur la stabilité de toute la zone sahélienne et de ses voisins comme le Tchad.

Résilience : l’histoire de Radwa Abdelkarim

Radwa, mère de six enfants, a tout perdu au Soudan avant de rejoindre le camp de Farchana. Grâce à sa détermination et au soutien financier du HCR, elle a lancé une activité de boulangerie. Aujourd’hui, elle gère deux épiceries et un restaurant, employant 12 autres réfugiés. « Nous devons progresser ensemble pour que personne ne soit laissé pour compte », confie-t-elle, illustrant la force de la solidarité humaine face à l’adversité.