Le dépôt du projet de loi de finances rectificative (LFR) pour 2026 à l’Assemblée nationale, annoncé ce vendredi 18 septembre, met fin à une séquence où le calendrier budgétaire a semblé sur le point de dérailler. Derrière l’annonce officielle se cache une mécanique institutionnelle grippée, entre instruction non respectée et procédure reprise à zéro.
Un dépôt annoncé après trois jours de flottement
L’Assemblée nationale a indiqué, dans un communiqué daté du vendredi 18 septembre 2026, avoir réceptionné le texte à son Secrétariat général dans l’après-midi. Le document est arrivé accompagné de la lettre de transmission du président de la République et du décret ordonnant sa présentation devant les députés.
Cette arrivée tardive clôt plusieurs jours d’incertitude. Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô avait instruit, dès le 10 septembre en Conseil des ministres, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, de veiller à ce que le texte soit transmis à l’Assemblée nationale au plus tard le 15 septembre. Ce délai n’a pas été tenu.
L’écart entre l’échéance fixée et la date de dépôt effective a nourri une polémique sur un éventuel blocage. Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, avait lui-même affirmé, ce même vendredi, n’avoir reçu jusque-là aucune notification du texte. La transmission a finalement eu lieu avec trois jours de retard sur le calendrier initial.
Un décret qui en remplace un autre : la procédure reprise depuis le début
Le décret joint à la transmission, numéroté 2026-1645, précise que le projet de loi sera présenté par le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, chargé d’en exposer les motifs et d’en soutenir la discussion devant les députés.
Fait révélateur : ce texte abroge et remplace un précédent décret, le n° 2026-1236 du 29 juin 2026, qui portait déjà sur la présentation du même projet de LFR. La procédure a donc dû être reprise depuis le début, signe que le circuit administratif a connu un enrayement.
Le décret confie par ailleurs au ministre de l’Économie et à celui de la Communication et des Relations avec les Institutions le soin d’assurer, chacun en ce qui le concerne, l’exécution du texte, qui sera publié au Journal officiel. Il a été signé à Dakar ce 18 septembre par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, avec le contreseing du Premier ministre.
Des causes profondes entre calendrier serré et enjeux de redressement
Ce dépôt ouvre la voie à l’examen du projet de LFR 2026 par les députés. Cette étape est particulièrement suivie dans un contexte de redressement des finances publiques et d’engagements pris par le Sénégal auprès de ses partenaires internationaux.
Le calendrier budgétaire de la Primature prévoit également l’examen du projet de loi de finances initiale pour 2027 en Conseil des ministres d’ici la fin du mois de septembre. Après cet épisode, le respect de cette nouvelle échéance sera scruté de près.
Ce que révèle la séquence
L’épisode met en lumière une tension entre l’instruction donnée en Conseil des ministres et la réalité de la transmission. Le retard, puis la reprise complète de la procédure par un nouveau décret, suggèrent des ajustements de dernière minute au sommet de l’exécutif.
Pour les députés, l’enjeu est désormais double : examiner un texte rectificatif dans un contexte budgétaire contraint, et se prononcer sur un document dont le parcours institutionnel a déjà été mouvementé.
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