14 juillet 2026

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L’union africaine réaffirme son soutien au Mali malgré les tensions sécuritaires

l’union africaine réaffirme son soutien au Mali malgré les tensions sécuritaires

En pleine crise sécuritaire au Mali, Bamako a reçu ce week-end la visite officielle du président de la Commission de l’Union africaine (UA). Mahmoud Ali Youssouf a marqué cette étape par un message clair : l’organisation panafricaine reste aux côtés du pays, en dépit de la suspension du Mali de ses instances depuis le putsch de 2021. Une décision prise pour exiger le rétablissement de l’ordre constitutionnel, mais qui n’a pas empêché l’UA de maintenir un dialogue constructif avec les autorités maliennes.

Mali, Bamako, 2026 | Monument en hommage à l'armée malienne après les attaques rebelles (illustration)

Le chef de l’UA a souligné l’importance de la stabilité au Mali pour la sécurité de toute l’Afrique de l’Ouest. Malgré la suspension du pays, l’organisation maintient une coopération active via son représentant spécial pour le Mali et le Sahel ainsi que la Mission de l’UA pour le Sahel et le Mali (MISAHEL). Une approche qui vise à éviter l’isolement total du pays, tout en encourageant le retour à un cadre institutionnel légitime.

un engagement à renforcer, selon les experts

L’arrivée de Mahmoud Ali Youssouf à Bamako a été perçue comme un signe de solidarité politique, mais certains observateurs, comme Alioune Tine, fondateur du Africa Jom Center, estiment que des actions concrètes s’imposent. Pour lui, l’UA doit dépasser les déclarations d’intention et mobiliser davantage de ressources, notamment militaires, pour soutenir le Mali dans sa lutte contre le terrorisme.

« Il est essentiel que le président de la Commission de l’UA manifeste une solidarité plus active, en incitant les États membres à apporter un soutien direct, notamment par l’envoi de troupes. C’est ce dont le Mali a le plus besoin aujourd’hui. »

les défis structurels de l’UA face à la crise malienne

L’UA continue de prôner le dialogue et la recherche de solutions politiques, malgré les tensions persistantes. La remise en cause de l’Accord d’Alger de 2015 par Bamako et l’alliance entre les séparatistes du Nord et des groupes jihadistes comme le Jnim compliquent la situation. L’organisation rejette catégoriquement toute légitimité aux revendications de ces coalitions, tout en réaffirmant son attachement à l’intégrité territoriale du Mali.

Éthiopie, Addis-Abeba, 2026 | Mahmoud Ali Youssouf, président de l'AUC, prend la parole lors du sommet de l'UA

Cependant, Aly Tounkara, chercheur au Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel, pointe les limites de l’UA. Selon lui, les divergences entre les États membres et la dépendance aux financements extérieurs réduisent considérablement l’efficacité de l’organisation :

« Il est illusoire d’attendre un soutien militaire ou renseignement de l’UA. Les divisions entre ses membres et leur alignement sur des agendas divergents rendent toute action coordonnée très difficile, surtout dans un pays comme le Mali. »

Entre soutien diplomatique, appel à l’unité nationale et contraintes internes, l’UA tente de trouver un équilibre. Cette visite marquera-t-elle une simple démonstration de solidarité ou le début d’un engagement plus marqué aux côtés des autorités maliennes ? La question reste ouverte, alors que le pays fait face à des défis sécuritaires toujours plus pressants.