14 juillet 2026

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Centrafrique : l’horreur wagnérienne et ses victimes sans défense

Centrafrique : l’horreur wagnérienne et ses victimes sans défense

Des exécutions sommaires suivies de décapitations perpétrées par des mercenaires de Wagner. L’opposition et la société civile réclament, en vain, le départ de ces tueurs légitimés par le pouvoir centrafricain. Dernières nouvelles de ce territoire devenu le théâtre d’une terreur sans précédent.

Photo montrant des scènes d'exactions en Centrafrique

Le 8 juillet dernier, des vidéos glaçantes ont révélé l’une des pires exactions commises en République centrafricaine. Des hommes, piégés par des mercenaires de Wagner, ont été froidement exécutés puis décapités. Leurs têtes, alignées sur un tapis comme une macabre exposition, témoignent de l’horreur méthodique perpétrée par ces hommes de main. Les bourreaux, filmant leur sinistre besogne, ont été entendus clamer : « Vous ne voulez pas la paix ? C’est maintenant. Égorgez chaque personne ! » Une scène digne des pires exactions djihadistes, où la cruauté se pare d’une mise en scène glaçante.

Une violence devenue routine

Parmi les victimes de cette boucherie figurent des membres de groupes armés venus participer à une opération officielle de désarmement, détournée en séance d’exécution par Wagner. Des civils, dont un chef de village, ont également péri dans ce guet-apens. Si ces images ont choqué la population, elles ne sont malheureusement pas isolées. En Centrafrique, les exactions des mercenaires russes, munis d’un permis de tuer validé par les autorités, se multiplient sans que justice ne soit rendue.

Depuis les années 1990, la Centrafrique est qualifiée de « non-État », voire de « pays qui n’existait pas » selon le titre d’un ouvrage édifiant. Entre coups d’État, mutineries et instabilité chronique, ce territoire est devenu une zone grise, partagée entre un pouvoir central affaibli et une myriade de groupes armés incontrôlables. Dans ce contexte chaotique, la Mission des Nations unies pour la stabilisation peine à endiguer la spirale de violence. L’arrivée de Wagner, officiellement pour soutenir le gouvernement, a amplifié cette barbarie endémique. La communauté internationale semble s’être résignée à ignorer ce drame quotidien où l’horreur est devenue la norme.

Wagner, un État dans l’État

Les mercenaires de Wagner ont investi la Centrafrique, s’octroyant le droit de piller les ressources minières du pays tout en terrorisant la population. Sous la protection du président Faustin-Archange Touadéra, ils agissent comme une entité parallèle, contrôlant l’armée, la police, la justice et même les flux aériens de Bangui. Leurs agissements, marqués par des disparitions, des tortures et des crimes impunis, illustrent une emprise totale sur le pays. Ici, Wagner n’a pas été rebaptisé « Africa Corps » comme ailleurs après la mort de Prigojine. La marque originelle est conservée, symbole d’une loyauté macabre envers leur défunt chef. Une statue à sa gloire a même été érigée, célébrée chaque année par des soldats centrafricains aux côtés de leurs « partenaires » wagnériens.

Face à ces exactions, l’opposition et la société civile ont une fois de plus exigé le retrait de Wagner et la fin de l’impunité. Mais les autorités ont opposé un silence assourdissant, tandis que la population, tétanisée, subit cette collusion entre le pouvoir et une milice transformée en instrument de terreur. Il y a quatre ans, lors d’une réunion avec ses ministres, le président Touadéra avait justifié sa dépendance envers Wagner en déclarant : « Nous avons besoin des Russes. C’est grâce à eux que nous gardons le pouvoir. » Garder le pouvoir, quitte à faire de la Centrafrique un territoire de cauchemar, entre nulle part et adieu.