31 juillet 2026

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Mali en étau : jihadistes et crise énergétique paralysent le pays

Mali en étau : jihadistes et crise énergétique paralysent le pays

Le Mali subit une escalade sans précédent du blocus imposé par le Jnim, branche malienne d’al-Qaïda. Depuis le week-end dernier, une série d’attaques ciblées a fait basculer la crise vers une dimension critique. Sur l’axe Ségou-Bamako, artère vitale reliant la capitale à l’est du pays, une dizaine d’autocars ont été réduits en cendres. Simultanément, des infrastructures électriques liées au barrage de Manantali, dans la région de Kayes, ont été délibérément détruites. Malgré les opérations menées par l’armée malienne, l’étau économique se resserre inexorablement autour de Bamako.

manantali, cœur battant de l’économie malienne sous pression

L’attaque contre Manantali dépasse la simple logique de guérilla. Ce barrage, géré conjointement avec la Mauritanie et le Sénégal au sein de l’OMVS, représente une infrastructure stratégique pour le Mali. En endommageant ses lignes d’évacuation, le Jnim ne fragilise pas seulement les forces armées : il frappe au cœur de l’économie urbaine. Les coupures d’électricité se répercutent immédiatement sur les services publics, les commerces et les industries, plongeant la capitale dans une paralysie croissante.

Cette campagne s’inscrit dans une stratégie plus large, initiée il y a plusieurs semaines. Les jihadistes multiplient les attaques contre les convois de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, transformant les pénuries en arme politique. Leur objectif ? Éroder la confiance des citoyens envers les autorités de transition, dirigées par le général Assimi Goïta. Bamako, jusqu’alors relativement épargnée, devient désormais l’épicentre d’une guerre d’usure sans merci.

armée malienne en première ligne : entre victoires éphémères et défis permanents

Face à cette offensive tous azimuts, l’état-major malien affirme maintenir des opérations terrestres et aériennes dans plusieurs zones du territoire. Grâce à des escortes militaires, des centaines de camions-citernes ont pu rejoindre Bamako ces derniers jours, offrant un répit temporaire aux stations-service en tension. Pourtant, cette avancée reste fragile : chaque convoi exige des ressources colossales, et la sécurisation durable des axes routiers semble hors de portée dans l’immédiat.

Les Forces armées maliennes (FAMa) sont prises en étau. À l’ouest et au centre, les embuscades et les destructions d’infrastructures se multiplient. Au nord, dans la région de Kidal, la situation stagne dans un équilibre précaire, tandis que de nouveaux affrontements se profilent avec le Cadre stratégique permanent. Bamako se retrouve ainsi à gérer deux fronts distincts, avec des moyens humains et matériels de plus en plus limités.

crise régionale : quand le Mali exporte ses tensions

Le blocus malien dépasse désormais les frontières nationales. Les économies voisines, notamment celles du Sénégal, de la Mauritanie et de la Côte d’Ivoire, subissent de plein fouet le ralentissement des corridors commerciaux ouest-africains. Les ports de Dakar et d’Abidjan, essentiels pour le trafic vers l’hinterland sahélien, voient leur activité décliner. La Confédération des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, peine à élaborer une réponse unifiée face à cette guerre économique menée par les groupes jihadistes.

L’attaque contre Manantali soulève également des enjeux transfrontaliers. Une aggravation des dommages aurait des répercussions directes sur l’approvisionnement électrique du Sénégal et de la Mauritanie, faisant de cette crise un problème régional. Les partenaires internationaux, qu’ils soient bailleurs de fonds ou fournisseurs d’armes, devront arbitrer entre le soutien à la souveraineté malienne et la protection des infrastructures critiques partagées.

Sur le terrain, le décalage entre les communiqués triomphants de l’armée et la réalité d’une capitale asphyxiée révèle l’ampleur inédite de cette phase du conflit. Le Jnim ne se contente plus de contrôler des zones : il cherche à étouffer un État dans son ensemble. Les prochains jours pourraient voir de nouveaux combats éclater, notamment autour de Kidal.