31 juillet 2026

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Mali : un ancien ministre rejoint la coalition de l’imam Dicko pour un projet national

Mali : un ancien ministre rejoint la coalition de l’imam Dicko pour un projet national

Un tournant politique important au Mali alors que Hamma Ag Mahmoud, figure historique de l’administration malienne, annonce son ralliement à la Coalition des forces pour la République (CFR), dirigée par l’imam Mahmoud Dicko. Ancien ministre sous le régime du général Moussa Traoré, ce haut fonctionnaire devenu militant indépendantiste a marqué l’histoire récente du pays par son engagement multiforme.

Portrait de Hamma Ag Mahmoud, ancien ministre malien

Un parcours marqué par les transitions politiques et la défense de l’Azawad

Hamma Ag Mahmoud a occupé des postes clés entre 1986 et 1988 en tant que ministre du Travail et de la Fonction publique sous le régime militaire du général Moussa Traoré. Sa carrière administrative l’a ensuite mené à diriger plusieurs régions stratégiques : Sikasso, Koulikoro, Ségou, Gao et Tombouctou. Son engagement politique a pris un tournant décisif en 2012 lorsqu’il a rejoint le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) lors de la rébellion touarègue, contribuant activement à la signature de l’accord de paix de 2015 entre les groupes indépendantistes et Bamako.

Une critique acerbe de la classe politique malienne

Depuis son exil en Mauritanie depuis 2011, Hamma Ag Mahmoud observe avec inquiétude l’évolution politique de son pays. Son analyse est sans appel : « Nous traversons une période de crise profonde où le pays se délite progressivement ». Pour lui, la solution passe nécessairement par une mobilisation citoyenne autour d’un projet national fédérateur.

« La CFR a pris les devants en proposant une conférence nationale visant à corriger les erreurs du passé. Tous les Maliens doivent se joindre à cette initiative pour reconstruire un avenir commun », déclare-t-il. Il pointe du doigt l’échec patent de la classe politique : « Les rebellions et l’émergence des groupes jihadistes au Mali sont les conséquences directes de cette défaillance collective. Les citoyens méritent un projet politique inclusif qui les représente tous. »

Dialogue avec les groupes armés : une nécessité selon l’ancien ministre

La question d’un éventuel dialogue avec les groupes armés, notamment le Jnim lié à al-Qaïda, divise profondément la société malienne. Beaucoup craignent que de telles négociations ne fragilisent davantage l’unité nationale ou ne légitiment des revendications incompatibles avec les valeurs républicaines.

Pour Hamma Ag Mahmoud, ces craintes sont infondées : « En associant ces groupes à un projet national commun et en restaurant une gouvernance transparente, nous mettrons fin aux violences. L’absence de bonne gouvernance est à l’origine de toutes les crises que nous traversons, que ce soit les rebellions indépendantistes ou l’expansion jihadiste. »

La charia et la République : un équilibre possible ?

Le Jnim a récemment modifié son discours pour se présenter comme un acteur politique légitime au Mali, évoquant la souveraineté et la défense des populations. Pourtant, son objectif ultime reste inchangé : l’application de la charia. Cette contradiction pose une question fondamentale : peut-on envisager des négociations avec un groupe dont les valeurs fondatrices s’opposent au cadre républicain malien ?

L’ancien administrateur civil malien ne partage pas ces réserves. « Bien sûr que des négociations sont possibles ! Tous les principes démocratiques – égalité, justice, liberté – doivent s’appliquer en associant tous les Maliens, sans exception. C’est ainsi que nous construirons une société apaisée et unie », affirme-t-il avec conviction.