28 avril 2026

Malnutrition au Mali : enjeu majeur pour la santé des enfants

Une crise sanitaire aux répercussions multiples au Mali

Le Mali, pays d’Afrique de l’Ouest comptant plus de 15 millions d’habitants, est gravement touché par la malnutrition, un fléau qui touche plusieurs régions du territoire. Malgré les efforts déployés ces dernières années, cette crise sanitaire persiste et s’aggrave dans certaines zones, posant un défi majeur pour les autorités et les organisations humanitaires.

Les conséquences de la malnutrition sont dévastatrices, tant pour les familles que pour l’économie du pays. Près d’un enfant malien sur cinq ne survit pas jusqu’à l’âge de 5 ans, un chiffre alarmant qui illustre l’urgence d’agir. Cette situation affecte durablement le développement des enfants, leur capacité d’apprentissage et leur avenir, tout en pesant sur les ressources nationales.

Parmi les causes principales, on note un espacement insuffisant entre les naissances, ce qui fragilise la santé des mères et des nourrissons. Plus les familles sont nombreuses, plus le risque de malnutrition augmente, créant un cercle vicieux difficile à briser.

Des chiffres qui dépassent les seuils d’alerte internationaux

La malnutrition aiguë globale (modérée et sévère) touche 15 % de la population malienne, un taux bien supérieur au seuil d’alerte international fixé à 10 %. Quant à la malnutrition chronique, elle frappe 38 % des enfants de moins de 5 ans, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère que le seuil critique est de 20 %. Ces données placent le Mali dans une situation critique, nécessitant une réponse urgente et coordonnée.

Par ailleurs, plus de 80 % des enfants maliens de moins de 5 ans et 65 % des femmes souffrent d’une carence en fer, l’un des taux les plus élevés au monde. Cette carence a des répercussions graves : elle ralentit le développement cognitif des enfants et affaiblit les capacités d’apprentissage. Chez les mères, elle augmente le risque d’avoir un bébé malnutri dès la naissance, perpétuant ainsi le cycle de la pauvreté et de la maladie.

Avec 40 % de la population malienne concernée, la malnutrition représente l’un des défis sanitaires les plus pressants du pays, exigeant des mesures immédiates et efficaces.

Les actions engagées pour endiguer la crise

Face à cette situation, les autorités maliennes ont mis en place une politique nationale de nutrition ambitieuse. Ce plan s’accompagne d’un plan d’action stratégique visant à mobiliser des financements et à renforcer la prise en charge des populations les plus vulnérables. L’objectif ? Réduire durablement l’impact de la malnutrition sur la santé publique.

Parmi les initiatives phares, le Mali a récemment adopté l’iodation universelle du sel pour lutter contre les troubles liés à la carence en iode. Aujourd’hui, 79 % des ménages disposent de sel iodé, mais ce chiffre reste en deçà de l’objectif de 90 % fixé par les autorités. Cette mesure, bien que prometteuse, doit être étendue et mieux contrôlée pour être pleinement efficace.

Depuis 2005, les semaines d’intensification des activités nutritionnelles (SIAN) sont organisées deux fois par an. Ces campagnes couvrent 95 % du territoire et ciblent spécifiquement les enfants âgés de 6 à 59 mois. Intégrées dans les habitudes des communautés locales, les SIAN jouent un rôle clé dans la sensibilisation et la prévention. Elles incluent la distribution de vitamine A (essentielle pour renforcer l’immunité) et de comprimés de déparasitage, contribuant ainsi à réduire significativement la mortalité infantile.

L’Unicef et ses partenaires déploient une approche communautaire globale pour éduquer les populations sur les signes de la malnutrition, détecter les cas précocement et intervenir rapidement. L’organisation forme les communautés à reconnaître les symptômes, à diagnostiquer les enfants malades et à les orienter vers des soins adaptés. Comme le souligne Médiatrice Kiburente Touré, « il est crucial de continuer à informer les populations sur les causes de la malnutrition et sur l’importance de l’accès à une eau potable, pilier de la santé ».

En 2010, 50 % des enfants maliens atteints de malnutrition aiguë sévère bénéficiaient d’une prise en charge. Ce taux progresse lentement, mais reste insuffisant pour inverser la tendance. Renforcer la couverture des soins et élargir l’accès aux traitements reste une priorité absolue.