30 mai 2026

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Le sahel, nouveau cœur de la menace terroriste mondiale : un rapport révèle des chiffres alarmants

Pour la deuxième année consécutive, la zone sahélienne s’impose comme le foyer principal du terrorisme global, concentrant plus de la moitié des victimes de cette violence en 2024. C’est ce que révèle la dernière édition de l’Indice mondial du terrorisme. Ce rapport, produit par l’Institute for Economics and Peace, met en lumière que sur un total de 7 555 décès imputables à des actes terroristes à l’échelle planétaire en 2024, une part alarmante de 3 885, soit 51 %, a été déplorée dans le Sahel. Cet indice de référence évalue annuellement la situation de 163 nations en analysant des critères tels que le nombre d’attaques, de pertes humaines, de blessés et de prises d’otages, offrant ainsi une perspective claire sur l’impact du terrorisme.

L’analyse approfondie des données indique que la région du Sahel abrite cinq des dix nations les plus durement éprouvées par le terrorisme en 2024. Des pays comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger figurent sans relâche parmi les plus affectés depuis 2017, une tendance confirmée par l’indice. Cette persistance marque un changement significatif, mettant en évidence un glissement de l’épicentre du terrorisme mondial, qui s’éloigne du Moyen-Orient pour se fixer dans le Sahel au cours des deux dernières années, comme le souligne explicitement le document.

L’intensification de la violence djihadiste : un bilan lourd pour les nations sahéliennes

Le Burkina Faso conserve sa position de pays le plus impacté par le terrorisme pour la deuxième année consécutive, avec 1 532 victimes recensées en 2024, une légère diminution par rapport aux 1 935 de 2023. Le Mali, quant à lui, a vu sa position reculer de la troisième à la quatrième place, enregistrant 604 décès en 2024. Le Niger est la nation qui a connu l’escalade la plus spectaculaire en termes de pertes humaines. Le rapport met en évidence un changement drastique de la situation sécuritaire dans ce pays sur les deux dernières années, avec une effroyable augmentation de 94 % des décès liés au terrorisme, atteignant un total de 930 victimes en 2024.

L’Indice mondial du terrorisme pointe du doigt deux entités djihadistes principales comme étant à l’origine de la majorité des agressions dans la bande sahélienne : le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, également connu sous l’acronyme arabe JNIM), affilié à Al-Qaida, et l’État islamique au Sahel (EIS). Il est à noter que des organismes comme Acled, spécialisés dans le décompte des victimes de conflits à travers le globe, rapportent des chiffres encore plus élevés concernant les décès attribués au djihadisme dans cette région.

Le contexte politique actuel au Mali, au Niger et au Burkina Faso est marqué par la gouvernance de juntes militaires, issues de coups d’État survenus entre 2020 et 2023. Ces nations ont collectivement décidé de se désengager de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour former leur propre alliance, l’Alliance des États du Sahel (AES). Parallèlement à ce repositionnement régional, ces trois États sahéliens ont opéré un virage diplomatique et sécuritaire, s’éloignant de leurs partenaires occidentaux traditionnels, dont la France, pour tisser des liens plus étroits avec la Russie et la Chine.

Le rapport souligne que cette réorientation stratégique des partenariats, particulièrement dans le domaine de la sécurité, combinée au retrait de la CEDEAO, a malheureusement offert une opportunité aux groupes terroristes comme le JNIM (GSIM) d’étendre leur influence et leurs opérations vers les zones côtières de l’Afrique de l’Ouest, exacerbant ainsi les défis sécuritaires régionaux.