31 mai 2026

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Manifestations massives à Bamako contre menace dissolution des partis politiques

Manifestations massives à Bamako contre la menace de dissolution des partis politiques au Mali

Plusieurs centaines de citoyens maliens se sont rassemblés samedi 3 mai dans les rues de Bamako pour exprimer leur refus catégorique d’une éventuelle dissolution des partis politiques. À l’appel d’une coalition d’opposition, cette mobilisation pacifique s’est tenue au Palais de la Culture, symbole de la vie démocratique du pays.

manifestations à Bamako contre la dissolution des partis politiques

Les manifestants, brandissant pancartes et drapeaux, ont scandé des slogans comme « Vive la démocratie, à bas la dictature ! ». Cette protestation rare survient dans un contexte marqué par une répression politique accrue et des craintes d’un virage autoritaire sous la direction du général Assimi Goïta, chef de la junte militaire au pouvoir depuis 2020 et 2021.

Contexte politique tendu : vers une suppression des partis politiques ?

Le 30 avril 2025, les autorités maliennes ont abrogé la loi encadrant les partis politiques, une décision perçue comme une étape préliminaire à leur dissolution. Cette mesure fait suite à une concertation organisée par la junte, mais largement boycottée par l’opposition.

Les propositions issues de cette réunion controversée vont encore plus loin : elles préconisent la suppression pure et simple des partis politiques et la nomination du général Goïta à la présidence de la République pour cinq ans, avec possibilité de renouvellement, sans élection.

La décision finale appartient désormais au général Assimi Goïta, dont la légitimité démocratique est de plus en plus contestée depuis les coups d’État de 2020 et 2021.

Une démocratie malienne en péril

Cette manifestation représente l’un des rares actes publics de contestation contre le régime militaire depuis 2021. Depuis son arrivée au pouvoir, la junte a multiplié les poursuites judiciaires contre l’opposition, dissous des organisations de la société civile et restreint la liberté de la presse.

Pourtant, la Constitution malienne de 1992, tout comme la nouvelle Loi fondamentale adoptée en 2023, garantissent théoriquement le multipartisme, la liberté d’expression et la liberté d’association.

Le Mali, aux côtés du Burkina Faso et du Niger, a quitté la Cédéao, perçue comme trop proche de la France, et a formé avec ces pays l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette alliance renforce l’axe des régimes militaires en Afrique de l’Ouest, dans un contexte de tensions régionales croissantes.

Pourquoi cette mobilisation est-elle cruciale ?

  • Défense des libertés fondamentales : Les manifestants réclament le respect des droits démocratiques bafoués.
  • Exigence d’élections : La population exige un retour à l’ordre constitutionnel et à la tenue d’élections libres.
  • Protection du multipartisme : La possible dissolution des partis politiques menace la pluralité politique, pilier de la démocratie.