16 septembre 2026

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Niger : la SONIDEP face à une perte abyssale de 28 milliards de FCFA en 2026

La décision de l’État nigérien de geler les prix des carburants à la pompe révèle aujourd’hui son véritable impact sur les caisses publiques. D’après les dernières projections du Fonds monétaire international (FMI), la Société nationale des pétroles du Niger (SONIDEP) se dirige tout droit vers un déficit net de 28 milliards de FCFA pour l’exercice 2026. En cause : une demande intérieure galopante et des achats de carburant à l’étranger de plus en plus onéreux.

Quand la politique nigériane déstabilise le marché nigérien

Le déséquilibre financier qui menace la SONIDEP prend racine bien au-delà des frontières du Niger. La décision du président nigérian Bola Tinubu de supprimer les subventions sur l’essence a redirigé une part considérable de la demande vers le Niger. Le carburant nigérien, dont le prix est artificiellement maintenu bas par l’État, est devenu bien plus attractif que celui pratiqué chez le géant voisin. Résultat : la consommation locale a grimpé en flèche et les flux transfrontaliers se sont intensifiés.

Pour faire face à cet afflux, la Société de raffinage de Zinder (SORAZ), dont les capacités de production sont limitées, n’a pas pu couvrir l’ensemble de la demande nationale. Afin d’éviter toute pénurie, la SONIDEP a été contrainte d’importer massivement du carburant, acheté au prix fort sur les marchés internationaux, puis revendu à perte sur le sol nigérien.

Une facture globale estimée à 42 milliards de FCFA

Le maintien des prix à la pompe et la protection du pouvoir d’achat des ménages ont un coût : la note totale des subventions liées aux importations devrait atteindre 42 milliards de FCFA en 2026. Cette charge sera répartie de la manière suivante :

  • 15 milliards de FCFA seront prélevés sur le mécanisme et le fonds de stabilisation des prix de la SONIDEP, mettant à mal ses réserves de précaution.
  • 28 milliards de FCFA viendront clôturer l’exercice par une perte nette directement inscrite dans les comptes de l’entreprise publique.

Le Trésor public privé de dividendes

Les conséquences de cet arbitrage ne se limitent pas au bilan de la SONIDEP ; elles affectent aussi les finances de l’État. Le gouvernement espérait initialement encaisser 3,3 milliards de FCFA de dividendes au titre des performances de la société. Mais les nouvelles prévisions du FMI ramènent cette recette à néant.

En choisissant de faire supporter le choc pétrolier par la SONIDEP plutôt que d’ajuster les prix à la pompe ou de réguler strictement les flux transfrontaliers, les autorités préservent la paix sociale à court terme. Toutefois, cette stratégie soulève la question de la viabilité financière du principal distributeur national, désormais obligé de sacrifier sa rentabilité et ses fonds propres pour jouer le rôle de bouclier tarifaire.