21 septembre 2026

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Niger : quand le pouvoir bascule, les remords du général Tiani face à la trahison interne

Il y a quelques années encore, le général Abdourahamane Tiani n’aspirait qu’à une chose : servir son pays sans se mêler des luttes politiques. Aujourd’hui, après avoir renversé les institutions par les armes, il se retrouve prisonnier d’un palais transformé en prison dorée, où chaque ombre peut cacher un ennemi.

Du silence des casernes à l’étau du bunker : la chute du général Tiani

Il y a trois ans, le coup d’État de juillet 2023 avait propulsé Tiani au sommet du pouvoir. Mais ce qui devait être une victoire éclair s’est mué en cauchemar. Loin des discours sur la stabilité et la souveraineté, le général se retrouve aujourd’hui enfermé dans un bunker, entouré de mercenaires et de quelques fidèles, tandis que la peur le ronge. Une peur si tangible que même ses déplacements publics sont annulés.

La nuit qui a tout basculé : l’assaut manqué d’août 2026

Fin août 2026, des soldats en colère ont menacé de marcher sur le palais présidentiel. Sauvé in extremis par des mercenaires étrangers, Tiani a compris une chose : ses propres soldats ne sont plus des protecteurs, mais des juges implacables. Depuis, il vit reclus, convaincu que chaque nuit pourrait être la dernière.

Ce revirement n’est pas anodin. Le général, autrefois maître de la garde présidentielle, doit désormais composer avec une armée qu’il ne contrôle plus et qui le considère comme un usurpateur.

Le renvoi de Barmou : la décision qui a précipité la chute

Pour tenter de reprendre les rênes, Tiani a osé une manœuvre périlleuse : limoger le général Moussa Salaou Barmou, chef d’état-major et pilier du coup d’État de 2023. Mais cette décision a tout déclenché. Barmou, respecté et admiré dans les casernes, est devenu un symbole. Son éviction a été perçue comme une trahison, et les militaires ont répondu par des ultimatums : arrêtez les arrestations arbitraires, ou nous nous soulevons.

Une armée divisée : entre loyalisme et rébellion

Le paradoxe est cruel. Tiani sait mieux que quiconque comment se monte un coup d’État, mais il ignore comment gérer une armée qui se retourne contre son propre commandant. Les soldats, autrefois unis sous sa bannière, voient désormais en lui un dirigeant illégitime, prêt à sacrifier ses hommes pour sauver sa peau.

Les casernes murmurent. Des groupes d’officiers ont envoyé des messages clairs : le général doit choisir entre partager le pouvoir ou subir les conséquences.

Survivre ou tomber : le général face à son pire cauchemar

Autrefois perçu comme un homme d’ordre, Tiani est désormais un fantôme du palais présidentiel. Les groupes terroristes aux frontières ? Secondaires. La vraie menace vient de l’intérieur. Son rôle n’est plus de diriger le Niger, mais de survivre à ses propres soldats. Une ironie cruelle pour celui qui pensait avoir tout gagné en 2023.

Aujourd’hui, ses priorités se résument à une équation impossible : garder le pouvoir tout en évitant une balle dans le dos. Un équilibre aussi fragile qu’un château de cartes.