(FILES) Schoolchildren leave a minibus as they arrive at the local Governor's office in Minna on December 8, 2025. Around a hundred schoolchildren who were abducted last month by armed men from a Catholic school have arrived at the government headquarters in Minna, the capital of Niger State in central-northern Nigeria, as observed by AFP journalists on Monday. However, the fate of the 165 others abducted with them remains unknown. The students, mostly aged between 10 and 17, arrived in five white buses escorted by about ten military and armored vehicles and were received by Niger State Governor Mohammed Umaru Bago. (Photo by Light Oriye Tamunotonye / AFP)
Nigeria : libération de centaines de personnes enlevées par boko haram
L’armée nigériane annonce la libération de 360 otages détenus par le groupe djihadiste dans l’État de Borno, après une opération militaire dans le nord-est.
L’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, a été le théâtre d’une opération militaire décisive ayant permis la libération de 360 civils enlevés par le groupe armé Boko Haram. Cette annonce, confirmée par des sources locales et des responsables politiques, marque un tournant dans la lutte contre l’insurrection djihadiste qui sévit depuis 2009.
Les victimes, principalement des femmes et des enfants, avaient été capturées lors d’attaques ciblant des communautés vulnérables près de la frontière camerounaise, dans la région montagneuse de Gwoza. Selon un responsable local, Samaila Kaigama, président de l’alliance de jeunesse Borno South Youth Alliance (BOSYA), ces otages avaient été enlevés dans plusieurs villages, dont le secteur de Ngoshe.
une opération militaire aux méthodes psychologiques
L’armée nigériane a précisé que cette libération était le résultat d’une opération menée « grâce au renseignement » et à des actions psychologiques visant à semer la division au sein des rangs ennemis. Les forces armées ont expliqué avoir « distillé la méfiance » parmi les insurgés avant de lancer l’assaut final.
deux nourrissons décédés en captivité
Malgré cette issue positive, le bilan humain reste lourd. Deux nourrissons sont décédés d’épuisement après des mois de détention dans des conditions extrêmement difficiles. Daniel Bwala, porte-parole du président Bola Tinubu, a confirmé ce drame, soulignant l’état de santé précaire des libérés au moment de leur libération.
Les conditions de détention décrites par les autorités sont particulièrement critiques : les otages, arrachés à leur foyer dans des attaques répétées, ont subi des privations extrêmes. L’armée a indiqué que les victimes étaient détenues « dans des conditions difficiles » avant d’être secourues.
les rançons, une pratique controversée mais répandue
Si les autorités nient officiellement verser des rançons, de nombreux observateurs estiment que les paiements font partie des stratégies de négociation avec les groupes armés. Selon un rapport du cabinet SBM Intelligence, près de 1,66 million de dollars ont été versés entre juillet 2024 et juin 2025 à divers groupes, incluant Boko Haram, des « bandits » et des séparatistes.
Le village de Ngoshe, situé à moins de 10 kilomètres de la frontière camerounaise, est un bastion historique de Boko Haram. Ses habitants, régulièrement pris pour cible, subissent depuis des années les exactions des islamistes, qui multiplient les enlèvements de masse pour financer leurs activités ou exercer une pression psychologique sur les populations.
Les responsables de BOSYA, qui avaient établi des canaux de communication entre les ravisseurs et les familles, n’ont pas communiqué sur les modalités exactes de cette libération. Les familles des victimes, souvent dans l’attente depuis des mois, attendent désormais des nouvelles sur le sort de leurs proches.

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