23 juin 2026

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Opposition de la CENCO à la révision constitutionnelle en RDC : Félix Tshisekedi face à un tournant décisif

Le débat sur la révision constitutionnelle en RDC prend une tournure majeure avec l’implication directe de la hiérarchie catholique. La coalition Article 64, farouchement opposée à toute modification de la loi fondamentale en République démocratique du Congo, vient de trouver un allié de poids. La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a officiellement exprimé son désaccord face à ce projet, qu’elle perçoit comme une manœuvre destinée à permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, au mépris des limites constitutionnelles actuelles.

Les avertissements de l’Église face aux risques de déstabilisation

Pour les prélats, cette initiative politique représente un danger réel pour la cohésion nationale. Ils mettent en garde contre un passage en force qui pourrait entraîner des conséquences dramatiques, allant jusqu’à la balkanisation du pays. Face à ce qu’ils considèrent comme une menace pour l’avenir de la Nation, les leaders religieux appellent le peuple congolais à une prise de conscience collective et à la vigilance. Ils exhortent également le chef de l’État à respecter son engagement solennel de protéger la Constitution.

Malgré ces mises en garde, le pouvoir semble déterminé. Le Parlement a récemment validé la loi référendaire, ouvrant ainsi la voie à une consultation populaire sur le changement de Constitution. Cette avancée législative suggère que l’exécutif n’entend pas reculer, plaçant l’Église dans une position de confrontation directe avec le régime de Félix Tshisekedi.

Un bras de fer politique aux enjeux multiples

Bien que la CENCO affirme ne pas agir pour le compte de l’opposition politique, sa posture renforce indéniablement le camp des contestataires. Ce front commun, même informel, pourrait fragiliser le pouvoir en place au Palais de marbre. L’Église catholique, en tant qu’acteur moral et social incontournable, rappelle qu’elle ne peut rester silencieuse face à un projet susceptible de diviser profondément la société congolaise.

La situation devient particulièrement délicate pour Félix Tshisekedi. Par le passé, alors qu’il était dans l’opposition, il avait lui-même bénéficié de la pression exercée par l’Église sur le régime de Joseph Kabila en 2017 pour empêcher un glissement de mandat. Aujourd’hui, les rôles semblent s’inverser, et la pression ecclésiastique s’annonce tout aussi rigoureuse, avec des appels à des actions futures lancés aux fidèles.

Dans un contexte national déjà marqué par les violences persistantes dans l’Est de la RDC et les défis sanitaires liés à l’épidémie d’Ebola, une crise politique majeure liée à la Constitution pourrait aggraver les souffrances de la population. Le choix que fera le président dans les semaines à venir déterminera non seulement la stabilité du pays, mais aussi la trace qu’il laissera dans l’histoire politique du Congo.