23 juin 2026

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Niger : l’insécurité persiste malgré l’alliance avec la Russie

Trois ans après le renversement de l’ordre constitutionnel en juillet 2023, le Niger fait face à une escalade alarmante de l’insécurité, en dépit de son rapprochement stratégique avec la Russie. Les autorités militaires, qui avaient justifié ce virage par la nécessité impérieuse de rétablir l’ordre, se heurtent à une réalité implacable : les groupes armés jihadistes renforcent leur emprise sur le territoire, tandis que le bilan humain s’alourdit.

Une série d’attaques dévastatrices

Les Forces de défense et de sécurité nigériennes paient un lourd tribut à cette insurrection persistante. Selon des sources directement liées aux opérations militaires, au moins 265 soldats ont été tués en seulement trois jours lors d’une vague d’attaques coordonnées visant plusieurs positions stratégiques. Ces assauts, parmi les plus meurtriers de ces dernières années, illustrent l’ampleur de la menace à laquelle le pays est confronté.

Les pertes ne se limitent pas à ces épisodes tragiques. Les statistiques confirment une tendance préoccupante : en 2023, quelque 225 attaques ont été recensées sur l’ensemble du territoire nigérien, un chiffre comparable à celui de l’année précédente, mais accompagné d’une hausse de 27 % du nombre de victimes. Cette intensification des violences s’est encore accentuée en 2025, où plus de 700 civils ont péri, selon les données compilées par ACAPS.

Un partenariat militaire en question

L’engagement accru de Moscou, marqué par l’arrivée d’instructeurs russes et le retrait progressif des partenaires occidentaux, n’a pas permis de renverser la tendance. Au contraire, plusieurs experts soulignent que la situation s’est davantage dégradée depuis 2023, avec une multiplication des violences dans les régions de Tillabéri, Tahoua et aux confins du Mali et du Burkina Faso. Ces zones, devenues des bastions pour des groupes affiliés à l’État islamique et au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), restent en proie à une insurrection endémique.

Parmi les épisodes les plus marquants figurent la perte de plus de 60 soldats à Tabatol en octobre 2023, ainsi que l’embuscade meurtrière de Tillabéri en mars 2024, où 23 militaires ont trouvé la mort. Ces événements, couplés à des attaques répétées contre des convois, des villages et des positions militaires, alimentent désormais un débat sur l’efficacité réelle du nouveau modèle sécuritaire adopté par Niamey.

Un défi sécuritaire toujours intact

Trois ans après le coup d’État et le revirement diplomatique qui en a découlé, le Niger peine à concrétiser ses promesses de « reprise en main du territoire ». Malgré les annonces répétées des autorités militaires, les groupes jihadistes conservent une capacité opérationnelle redoutable, mettant à l’épreuve les ressources limitées des forces nigériennes. La menace, loin de s’estomper, s’est adaptée et renforce sa pression sur un État déjà fragilisé.

Face à cette réalité, la question de la pertinence des choix stratégiques opérés en 2023 se pose avec une acuité croissante. Alors que les populations civiles paient le prix fort de cette instabilité, le pays doit désormais envisager des solutions innovantes pour briser ce cycle de violences et restaurer un semblant de stabilité.