Ousmane Sonko dénonce la résurgence du système politique sénégalais

Au cœur d’un meeting mobilisateur à Dahra Djoloff, Ousmane Sonko a déclenché une vive polémique en évoquant un retour en arrière dans les méthodes de gouvernance au sommet de l’État.
Samedi dernier, devant des milliers de sympathisants rassemblés, le président de l’Assemblée nationale sénégalaise a exposé, avec une franchise inhabituelle, les dérives qu’il observe depuis l’avènement de la nouvelle administration. Selon lui, le projet de rupture avec les pratiques ancestrales du pouvoir n’a pas résisté à l’épreuve du temps. « Ce n’est pas une question de personnes, mais une question de fidélité à nos engagements », a-t-il martelé, citant les principes fondateurs de transparence, de gouvernance vertueuse et de justice impartiale que son mouvement s’était promis de défendre.
L’élément le plus saisissant de son intervention a porté sur la réorganisation du système au sein même du Palais présidentiel. « Le même système que nous combattions hier s’est reconstitué, mais sous de nouvelles formes », a-t-il alerté, dénonçant une instrumentalisation des institutions au détriment de la souveraineté populaire. « Le peuple est le seul souverain en démocratie, pas les institutions », a-t-il rappelé, mettant en garde contre un pouvoir qui, privé de légitimité électorale, pourrait s’appuyer davantage sur l’appareil d’État.
Une mainmise sur les hautes juridictions en question
Ousmane Sonko a également pointé du doigt des tentatives de capture des plus hautes instances judiciaires. Selon ses révélations, des manœuvres seraient en cours pour placer la Cour suprême et le Conseil constitutionnel sous influence. « Ces institutions sont en train d’être mises au service d’un agenda politique », a-t-il affirmé, soulignant que ces actions confirment, six ans après l’alternance tant annoncée, une dérive majeure du projet initial.

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