27 mai 2026

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Ousmane Sonko s’installe au perchoir et impose une cohabitation inédite au Sénégal

À peine quelques jours après avoir quitté ses fonctions de Premier ministre, Ousmane Sonko effectue un retour remarqué au sommet de l’État. Ce mardi, l’homme politique a été élu à la présidence de l’Assemblée nationale, un poste stratégique qu’il aborde fort d’une « légitimité populaire » revendiquée avec détermination.

Dans sa première prise de parole, le nouveau président de l’institution législative a tenu à clarifier ses intentions. S’il récuse toute volonté de provoquer un « blocage » ou un « chaos institutionnel », Ousmane Sonko a prévenu que l’assemblée jouerait pleinement son rôle de contre-pouvoir. Il promet un contrôle rigoureux de l’action gouvernementale, assurant que sa démarche ne s’inscrit pas dans une logique de « vendetta personnelle » mais dans le respect des prérogatives parlementaires.

Une nouvelle ère de contrôle législatif

Cette élection marque le début d’une cohabitation que de nombreux observateurs qualifient d’historique pour le Sénégal. Pour Ellimane Haby Kane, dirigeant du think tank Legs Africa, cette posture d’Ousmane Sonko témoigne d’une volonté de garder un œil critique sur l’exécutif. Derrière la courtoisie des formes, l’objectif reste de maintenir une influence majeure sur la direction du pays.

Les premiers signes de friction avec la présidence sont déjà perceptibles. Le Pastef a publiquement regretté de ne pas avoir été consulté par Bassirou Diomaye Faye lors de la nomination du nouveau chef du gouvernement. Le parti a d’ailleurs précisé qu’il poserait des conditions préalables à toute participation ministérielle, soulignant que les rapports de force entre le palais présidentiel et l’Assemblée nationale risquent d’être au cœur des prochains débats politiques.