16 juillet 2026

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Parcours et enjeux des femmes en politique au Bénin

parcours et enjeux des femmes en politique au Bénin

Monument dédié aux Amazones du Dahomey à Cotonou

La désignation de la capitaine Elvire Toupé comme aide de camp par le président Romuald Wadagni marque un tournant symbolique. Cette nomination, effective après la première réunion du Conseil des ministres en mai dernier, fait d’elle la première femme béninoise à occuper ce poste depuis l’indépendance du pays en 1960. Officier au sein de la Garde républicaine jusqu’alors, elle incarne désormais une avancée concrète pour l’égalité des genres dans les institutions publiques.

Des figures historiques aux modèles contemporains

Pour Régis Hounkpè, spécialiste en géopolitique et directeur d’InterGlobe Conseils, cette nomination s’inscrit dans une dynamique plus large. « Les Amazones du Dahomey ne sont pas qu’un symbole du passé. Elles représentent aujourd’hui une source d’inspiration pour les jeunes béninoises, qui y voient un modèle de courage et de détermination dans les sphères décisionnelles », explique-t-il. Ces guerrières légendaires, autrefois au service des souverains du Dahomey, sont aujourd’hui célébrées comme des figures de résilience et de leadership féminin.

Wuldath Moussa Mama, journaliste, renchérit : « La nomination d’Elvire Toupé rappelle les Agodjié, ces soldats d’élite du royaume du Dahomey. S’agit-il d’une exception ou d’une volonté politique d’encourager les femmes à s’investir davantage en politique ? Peut-être est-ce l’amorce d’un mouvement qui ouvrira la voie à une plus grande participation féminine dans les instances dirigeantes ».

Une représentation encore limitée dans les institutions

Malgré ces avancées symboliques, la présence des femmes dans les hautes sphères politiques béninoises reste insuffisante. Le premier gouvernement de Romuald Wadagni compte six femmes sur vingt-trois postes ministériels, dont la vice-présidente Mariam Chabi Talata. Cependant, son rôle reste principalement protocolaire, comme le souligne la journaliste : « Si la présence d’une femme à la vice-présidence est un pas en avant, elle ne reflète pas encore une réelle égalité dans l’exercice du pouvoir ».

L’Assemblée nationale, élue en février 2026, compte 25,7 % de députées, un chiffre identique à celui de la législature précédente. Grâce au code électoral qui impose un quota d’une femme par circonscription, 24 d’entre elles ont été élues. Pourtant, comme le note Wuldath Moussa Mama, « ce progrès reste superficiel. Il faut examiner les mécanismes internes des partis politiques, où les femmes peinent à accéder aux postes clés et à s’imposer dans les processus décisionnels ».

Le défi des partis politiques

Les obstacles ne manquent pas : manque de formation au militantisme, faible représentation dans les instances dirigeantes des partis, et persistance de stéréotypes culturels. Pourtant, des initiatives émergent pour inverser cette tendance. Des associations féministes et des programmes gouvernementaux visent à renforcer les capacités des femmes en politique, tout en sensibilisant l’opinion publique à l’importance de leur participation.

La route est encore longue avant d’atteindre une parité réelle. Mais chaque nomination comme celle d’Elvire Toupé, chaque avancée législative, et chaque mobilisation citoyenne rapprochent le Bénin d’une société où les femmes occupent pleinement leur place dans la gestion des affaires publiques.